Le conseil communal d’Ypres a tranché : le festival de musique Frontnacht, présenté comme simplement « identitaire » par ses organisateurs, ne pourra pas avoir lieu en marge de l’IJzerwake, dissidence « ultra » du pèlerinage de l’Yser. Les liens entre plusieurs groupes invités et la mouvance néonazie étant désormais trop manifestes pour être ignorés.
Mardi matin, le journal Het Nieuwsblad rapportait la preÌsence de groupes de musique proches de certains groupements dʼextreÌme droite. Cʼest le cas par exemple du groupe italien Boston, dont lʼun des clips montre de façon ostentatoire le logo du parti neÌofasciste CasaPound. "Au mieux, il est incroyablement naiÌf de permettre aÌ des groupes clairement neÌonazis comme Bronson, Flatlander et Phil Neumann de se produire. Au pire, cʼest de la neÌgligence et une forme de compliciteÌ", lançait dans le meÌdia flamand Thorsten Hindrichs, musicologue aÌ lʼuniversiteÌ de Mayence et speÌcialiste des musiques dʼextreÌme droite.
CoÌteÌ belge, lʼOcam, lʼOrgane de coordination pour lʼanalyse de la menace, nʼavait pas estimeÌ le risque assez seÌveÌre pour interdire le rassemblement. Or, en Belgique, impossible dʼentraver preÌalablement la liberteÌ de rassemblement, fuÌt-il neÌonazi, sans une menace claire pour lʼordre public.
Dans un communiqueÌ publieÌ aÌ lʼissue de son colleÌge, la commune dʼYpres justifiait le revirement par un compleÌment dʼinformation. Un nouveau rapport de lʼOcam aurait fait eÌtat du caracteÌre neÌonazi et neÌofasciste de plusieurs groupes inviteÌs aÌ se produire. "Il est eÌvident que cela est inacceptable pour Ypres, Ê»Ville de la Paixʼ", preÌcise la bourgmestre Emmily Talpe (Open VLD) dans son communiqueÌ.
De leur coÌteÌ, les organisateurs se disent surpris du revirement et nʼexcluent pas une action en justice.