“Shadow diplomats”, une grande enquête internationale révèle comment le Hezbollah a utilisé des consuls honoraires pour vendre des armes, de la drogue et blanchir de l’argent. Parmi eux au moins douze consuls honoraires belges actuels ou passés…
L'organisation terroriste Hezbollah a largement utilisé les consuls honoraires pour passer en contrebande et blanchir de l'argent, selon une enquête internationale baptisée Shadow Diplomates, initiée par le site américain ProPublica et l'organisation ICIJ, avec 45 médias du monde entier dont Israël.
L'enquête internationale a révélé que des trafiquants de drogue, des trafiquants d'armes, des terroristes, des délinquants sexuels et des escrocs condamnés servaient de consuls honoraires dans le monde entier. Et que ces consuls honoraires servaient les objectifs d’organisations terroristes comme ceux de certains des gouvernements les plus corrompus au monde, notamment la Corée du Nord, la Syrie et le Soudan du Sud.
Le statut de consul honoraire n'accorde pas l'immunité diplomatique complète, mais il accorde à son titulaire un passeport diplomatique, ainsi que l'immunité contre la recherche de documents consulaires, les écoutes téléphoniques, etc.
Selon l'enquête, au moins 500 consuls honoraires dans le monde ont été officiellement accusés d'infractions pénales, dont certaines graves. Des chiffres presque certainement sous-estimés.
30 d’entre eux font partie du cercle restreint du président russe Vladimir Poutine. Dans d'autres parties du monde, l'enquête a révélé une longue série d'infractions graves commises par les consuls.
S’ils font passer n’importe quoi dans des jets privés, ces avions ne peuvent pas être fouillés. Ca les aide dans d’énormes opérations de trafics en tous genres. C’est à dire du trafic d’armes, de drogues ou d’êtres humains. Ils sont devenus un genre de site comme l’Amazon de la criminalité.
La principale découverte de l'enquête est que neuf consuls honoraires dans le monde ont été identifiés comme directement liés à des organisations terroristes, la plupart au Hezbollah.
Dans tous les cas, il s'agit de Libanais qui vivaient en dehors du Liban. Mais même dans ce cas, disent les experts du renseignement, le champ d'utilisation de l'institution par les organisations terroristes est probablement beaucoup plus large que ce qui est révélé ici.
"Le Hezbollah s'est rendu compte que s'il utilise ces consuls honoraires pour déplacer des choses d'un endroit à un autre, ils sont non seulement exempts de sanctions, mais que personne ne les arrêtera jamais", a déclaré David Asher, conseiller économique principal dans le domaine de la lutte contre-terrorisme au département américain de la Défense"
L'un des premiers cas où l'utilisation de l'institution consulaire est apparue a eu lieu lors de l'enquête sur un trafiquant d'armes identifié au Hezbollah nommé Fawzi Jaber qui depuis a été extradé vers les États-Unis, poursuivi et envoyé en prison.
Un autre consul honoraire qui, selon l'enquête, a coopéré avec le Hezbollah est Ali Khalil Meiri, un Libanais qui a immigré au Paraguay en 2019, où il a été nommé consul honoraire pour le Soudan du Sud.
Lors de la perquisition de son appartement, la police a trouvé des archives entières du Hezbollah : des films d'attentats, des interviews de terroristes suicidaires et des vidéos appelant à attaquer les États-Unis et Israël.
Au moins douze consuls honoraires belges actuels ou passés sont publiquement accusés d’actes répréhensibles ou d’implication dans une controverse…
Les Panama Papers ont par exemple révélé que différents consuls honoraires belges étaient liés à des sociétés offshore. L’un d’entre eux a même été nommé comme consul honoraire après que son nom est apparu dans l’affaire des Panama Papers.
Un homme d’affaires danois qui est consul honoraire de la Belgique depuis 2013 est cité car la société dont il est copropriétaire a poursuivi ses activités en Russie. Le consul honoraire de l’île australienne de Tasmanie gère quant à lui "'plusieurs sociétés d’exploitation forestière congolaises qui ne prennent pas les règles d’exploitation forestière et les droits de l’homme très au sérieux" indique Apache, site d’information belge néerlandophone. Un autre consul honoraire était impliqué dans un trafic de cocaïne entre le Suriname et l’Europe, ajoutent différents journaux.