IRAN : La République islamique se dit prête à s'entretenir avec Kiev pour clarifier les affirmations "sans fondements" de drones iraniens fournis à l'armée russe contre l'Ukraine

L'Iran s'est dit prêt mardi à s'entretenir avec Kiev afin de clarifier les affirmations, jugées "sans fondement", selon lesquelles Téhéran fournit à la Russie des armes et des drones dans la guerre en Ukraine.

Kiev et ses alliés occidentaux ont accusé la Russie d'utiliser des drones de fabrication iranienne ces dernières semaines pour mener des attaques en Ukraine.

Le Kremlin a affirmé mardi ne pas avoir connaissance de l'utilisation de telles armes par l'armée russe.

Jugeant ces affirmations "sans fondement" et "basées sur de fausses informations", le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères Nasser Kanani a assuré mardi que "l'Iran était prêt à la négociation et à la discussion avec l'Ukraine pour résoudre ces accusations", selon un communiqué.

Pourtant des formateurs iraniens aideraient l’armée russe pour le maniement de ces drones.

Des responsables américains ont confié, sous couvert d’anonymat, au New York Times que l’Iran avait envoyé des formateurs en Crimée – annexée par la Russie – pour former les troupes russes au pilotage des drones achetés par Moscou à Téhéran.

Les formateurs seraient issus du corps des gardiens de la révolution, désignée comme organisation terroriste par Washington. Et d’après le quotidien américain, ces formateurs ne seraient pas à proximité des lignes de front.

Le chef du renseignement militaire ukrainien, Kyrylo Boudanov, a révélé mardi que l’Iran avait fourni à la Russie un premier lot de 1 750 drones Shahed, et que Moscou avait passé d’autres commandes. Depuis une dizaine de jours, plus d’une centaine de ces drones de fabrication iranienne ont percuté des centrales électriques, des stations d’épuration, des bâtiments résidentiels, des ponts et d’autres cibles dans les zones urbaines, a listé le ministère ukrainien des affaires étrangères.

Dans le même temps Volodymyr Zelensky s’est lui aussi exprimé quant à l'utilisation de ces armes iraniennes par Moscou.

Les drones iraniens, utilisés massivement ces derniers jours par Moscou pour frapper des infrastructures énergétiques ukrainiennes, sont un symbole de la "faillite militaire et politique" des troupes russes, a déclaré mardi le président ukrainien Volodymyr Zelensky.

"Le fait même que la Russie appelle l’Iran à l’aide est la reconnaissance par le Kremlin de sa faillite militaire et politique", a raillé M. Zelensky dans son allocution quotidienne publiée sur les réseaux sociaux.

"Pendant des décennies, (les Russes) ont dépensé des milliards de dollars pour leur complexe militaro-industriel, et ils ont fini par s’incliner devant Téhéran pour obtenir des drones et des missiles plutôt basiques", a-t-il fustigé.

Selon lui, "stratégiquement, cela ne les aidera pas de toute façon", a-t-il assuré.

Paris, Washington et Londres vont évoquer les drones iraniens au Conseil de sécurité de l’ONU ce mercredi.

La France, les Etats-Unis et la Grande-Bretagne prévoient d’évoquer le sujet des transferts présumés d’armements par l’Iran à la Russie lors d’une réunion à huis clos du Conseil de sécurité des Nations unies (ONU) mercredi, a appris Reuters auprès de diplomates. Pour Kiev, la livraison de drones iraniens à la Russie viole la résolution du Conseil ayant entériné l’accord sur le programme nucléaire de Téhéran.

Ces diplomates, s’exprimant sous le sceau de l’anonymat, rapportent que ces trois pays, qui considèrent également que de telles livraisons violent la résolution 2 231 du Conseil, ont informé leurs homologues du Conseil de sécurité de leur volonté de demander à un représentant de l’ONU de leur faire un point sur la situation.