ISRAËL : La Cour suprême israélienne s'est penchée jeudi sur la nomination ministérielle d'Arié Deri, le chef du Shas qui fait polémique à cause de ses récentes condamnations judiciaires.

Le premier test du nouveau gouvernement dans son projet de refonte du système judiciaire a commencé jeudi, lorsque la Cour suprême israélienne s'est penchée sur la nomination ministérielle d'Aryeh Deri malgré ses récentes condamnations judiciaires.

La Haute cour a entendu les arguments des pétitions qui sont contre la nomination du président du Shas à cause de ses infractions pénales, ainsi que ceux des partisans de la "loi Deri".

Le débat s’est focalisé sur le caractère “raisonnable” de la nomination d’un individu récemment condamné, à une haute fonction publique.

La représentante de la Knesset Noah Goldstein a fait valoir que l'amendement n'était pas une loi personnelle, car il avait une applicabilité générale et que les infractions reprochées au chef du Shas n’étaient pas à ses yeux suffisantes pour justifier du caractère “déraisonnable” de sa nomination. 

Les anti-Deri avancent également que la loi récemment adoptée par le nouveau gouvernement modifie la Loi fondamentale et que cela constitue un abus du pouvoir constituant de la Knesset, puisque la loi a été adoptée au profit d’un seul homme et pas au nom de l’intérêt public. 

De leur côté, les partisans de la loi ont fait valoir que les juges de la Haute Cour non plus n’ont pas vocation à modifier les Lois fondamentales qui tiennent lieu de Constitution à l’état d’Israël. 

Enfin, l'avocat de Benjamin Netanyahou, Michael Ravillo, a fait valoir que le débat à la Haute Cour était selon lui une intervention judiciaire injustifiée dans le droit du Premier ministre de choisir son cabinet. 

Il a également fait valoir que la volonté du peuple était en jeu puisque plus de 400 000 personnes en Israël ont voté pour le parti Shas. 

Les juges ont ajourné l’audience après six heures de débat, laissant le pays dans l'attente d'une décision qui pourrait modifier le gouvernement.