L’attentat de Djerba mardi soir qui a fait 4 morts dont 2 pèlerins juifs et 9 blessés, pourrait servir les intérêts du président tunisien Kais Saied qui demande à l'Occident de renforcer son soutien en matière de sécurité, malgré les critiques croissantes concernant son virage autoritaire.
Jack Kennedy, un expert américain, a déclaré que cet attentat sera probablement perçu "comme faisant partie d'une préoccupation plus large selon laquelle un effondrement majeur de l'économie tunisienne et des forces de sécurité conduirait à davantage de violence motivée par la religion".
Un expert tunisien, Mr Hamdi affirme que l'attaque "est susceptible d'encourager davantage la normalisation internationale du coup d'État de Kais Saied, car son gouvernement insistera sur le fait qu'il devrait y avoir une plus grande coordination pour 's'attaquer au terrorisme et à l'extrémisme', que la transition démocratique 'n'a pas réussi à traiter”.
Il y a quelques années, le président Kais Saied avait visité la synagogue de la Ghriba où il a fait l'éloge des Juifs tunisiens qui ont lutté contre le colonialisme et a souligné les valeurs historiques et civilisationnelles de la coexistence pacifique en Tunisie.
Il affirme aussi que malgré l'attentat, l'attitude générale des Tunisiens à l'égard de la communauté juive est une attitude de tolérance.
"Les juifs sont considérés comme des Tunisiens et l'antisémitisme à l'égard de cette population n'a jamais été présent dans le discours populaire et social".
Toutefois, M. Kennedy note qu'historiquement, il y a eu des éléments radicalisés en Tunisie. Il a souligné le nombre disproportionné de combattants tunisiens qui se sont portés volontaires pour l'État islamique par rapport à d'autres pays.
Dans la foulée, en France, le président du Sénat, Gérard Larcher, a invité ses collègues à observer une minute de silence cet après-midi à la mémoire de Benjamin et Aviel Haddad, assassinés avant-hier à Djerba, devant la synagogue de la Ghriba.
Le Président Emmanuel Macron a aussi rendu hommage aux deux fidèles juifs assassinés: »L’attaque contre la synagogue de la Ghriba nous bouleverse. Nous pensons avec douleur aux victimes, au peuple tunisien, nos amis. Nous sommes aux côtés de la famille de notre compatriote assassiné. Toujours, sans relâche, nous lutterons contre la haine antisémite ».
En Israël, le Premier ministre Benjamin Netanyahou a aussi tenu à honorer la mémoire des victimes: « J’ai été attristé d’apprendre le meurtre de deux membres de notre peuple. En mon nom et au nom du gouvernement israélien, j’adresse mes sincères condoléances aux familles de ceux qui ont été assassinés. Que leurs souvenirs soient bénis »
Le dirigeant tunisien Kais Saied a condamné mercredi l'attentat perpétré mardi près de la synagogue historique de Djerba, au cours duquel deux cousins juifs ont été tués.
Dans une déclaration rapportée par les médias arabes, notamment Al-Ain dans le Golfe et Middle East Online, M. Saied a adressé un message de réconfort aux Tunisiens à la suite de l'attentat. Cinq personnes ont été tuées dans l'attentat, dont trois membres du personnel de sécurité.
M. Saied présidait une réunion du Conseil national de sécurité. "Je tiens à rassurer le peuple tunisien, et en fait le monde entier, que la Tunisie restera en sécurité, quelle que soit la manière dont ces criminels tentent de la déstabiliser.
Il a déclaré que l'objectif de l'attaque, au cours de laquelle un homme qui travaillait également dans la sécurité a tué ses collègues et deux visiteurs juifs, était de semer la discorde et de nuire à la saison touristique en Tunisie.