Les autoriteÌs locales deÌtectent de plus en plus de signaux indiquant que des entreprises sont utiliseÌes comme couverture pour le blanchiment d’argent et le commerce illeÌgal. Ce pheÌnomeÌne est connu de tous: des coiffeurs sans clients, des pizzerias ouÌ aucune pizza n’est vendue et des stations de lavage desquelles ne sort aucune voiture propre », a déclaré Annelies Verlinden.
«L’approche peÌnale vise principalement aÌ reÌprimer des actes apreÌs qu’ils ont eu lieu. Or, l’objectif est d’eÌviter le plus de deÌlits possible. L’approche administrative au niveau local est une arme essentielle aÌ cet effet», pense-t- elle.
Mais cet avant-projet comporte encore quelques questions. A partir de quand un bourgmestre pourrait-il fermer des commerces ? Sur base de quelles informations? Et quid de la constitutionnaliteÌ de telles mesures ? Quelques voix, notamment chez les libeÌraux et les verts, s’interrogent deÌjaÌ. Les bourgmestres, eux, l’accueillent avec modeÌration meÌme s’ils sont tous d’accord pour dire que le feÌdeÌral doit s’emparer de la probleÌmatique.
Philippe Close, le bourgmestre de Bruxelles, est assez favorable au projet. A Charleroi, Paul Magnette nuance et assure avoir besoin de l’aide du fédéral: «Si on peut agir au niveau local en arreÌtant les dealers, on ne sait pas atteindre la teÌte du reÌseau. C’est pour cette raison que l’on demande un grand plan national de lutte contre la drogue, par un renforcement de la police fédérale mais eÌgalement par un renforcement de la justice car il nous faut avoir les moyens de poursuivre les dealers. »
A LieÌge, Willy Demeyer y ajoute le deÌbat sur la leÌgalisation du cannabis. “La politique reÌpressive est voueÌe aÌ l’eÌchec et il faut eÌtre reÌaliste par rapport aÌ un pheÌnomeÌne qu’on ne parviendra jamais aÌ endiguer. Ce n’est pas eÌtre laxiste que de dire qu’il faut une part de reÌalisme, une autre de preÌvention et une troisieÌme de lutte contre les gros trafics. »