La stratégie américaine de « pression maximale » contre l’Iran pourrait produire l’effet inverse
La stratégie américaine de « pression maximale » contre l’Iran pourrait produire l’effet inverse de celui recherché. Plusieurs experts américains estiment que la combinaison des sanctions et des frappes n’a pas réussi à contraindre Téhéran à céder.
Dans Foreign Affairs, Nate Swanson, ancien directeur chargé de l’Iran au Conseil de sécurité nationale américain, estime que ces mesures ont certes affaibli les capacités militaires iraniennes, mais sans provoquer de changement de cap du régime.
L’Iran a par ailleurs démontré qu’il conservait une capacité de riposte, notamment en perturbant la navigation dans le détroit d’Ormuz. Une telle stratégie est susceptible d’avoir des conséquences au-delà de la région en raison de l’importance de cette voie maritime pour l’économie mondiale.
Trita Parsi, du Quincy Institute, considère lui aussi que les dirigeants iraniens ne capituleront pas sous la pression et pourraient au contraire choisir l’escalade. L’Iran et ses alliés restent capables de viser avec des missiles et des drones des navires, des ports, des raffineries ou des oléoducs dans le Golfe et en mer Rouge.
Pour ces experts, Washington devrait donc élaborer une stratégie plus large que la seule coercition militaire et économique s’il entend atteindre ses objectifs face à Téhéran.