Le cabinet de sécurité nationale se réunit aujourd’hui à 16h et devrait approuver un accord de cessez-le-feu avec le Hezbollah au Liban.

En Israël, le cabinet de sécurité nationale se réunit aujourd’hui à 16h pour approuver un accord de cessez-le-feu avec le Hezbollah au Liban. Joe Biden et Emmanuel Macron devraient l’annoncer d’ici mercredi matin au plus tard.  

La proposition porte sur une trêve de 60 jours, qui correspondrait au délai de retrait des forces israéliennes du Liban et donnerait à l'armée libanaise le temps de se déployer progressivement au Sud-Liban, afin d'empêcher les forces du Hezbollah de se reconstituer.

D’après le New York Times, le guide suprême iranien Ali Khamenei aurait donné son feu vert à cet accord.

Le vice-président du Parlement libanais a indiqué que l'un des points de friction concernant la surveillance du cessez-le-feu avait été résolu au cours des dernières 24 heures, par la mise en place d'un comité composé de cinq pays, dont la France, et présidé par les États-Unis.

B. Netanyahou et E. Macron se sont entretenus ces derniers jours par téléphone au sujet de l’accord.

Le Premier ministre israélien n’a pas manqué de reprocher au Président français ses prises de position hostiles à Israël et le fait que la France ait décidé d’appliquer la décision de la CPI.
Ce à quoi, Emmanuel Macron lui a répondu que concernant la décision de la CPI, la France possédait dans son arsenal juridique, une garantie d’immunité pour le personnel diplomatique dont pourrait bénéficier les dirigeants israéliens visés par cette décision de la Cour. 

C’est cet assouplissement exprimé par le Président Macron qui a débloqué la situation et a permis à la France de prendre part à l’accord qui est en voie d’être signé.

Les États-Unis, la France et d'autres pays s'engagent à contribuer à garantir que le Hezbollah ne sera pas en mesure de se réapprovisionner en roquettes et autres armes à partir de la terre, de l'air ou de la mer.

Une source sécuritaire de haut niveau a déclaré que, outre la trêve de 60 jours, les autres conditions de l’accord comprennent une lettre de garantie américaine à Israël, une supervision américaine de la FINUL et la possibilité pour l'armée libanaise de reprendre et de conserver le contrôle du Sud-Liban. 

Le texte exclut explicitement la libération de prisonniers du Hezbollah. 

Ces conditions s'ajoutent à l'acceptation par le Hezbollah d'un retrait de ses forces vers des points situés au nord du fleuve Litani. 

La lettre américaine - qui ne sera probablement pas rendue publique - distingue différents scénarios : les cas où Israël peut agir contre les violations du Hezbollah sans vérifier auprès d'une tierce partie, et les cas où les Israéliens doit d'abord se plaindre auprès d'un organisme international avant d'agir.

Benjamin Netanyahou a convoqué les leaders de la coalition hier soir pour leur présenter l’accord. Et ils ne sont pas tous enthousiastes. 

Sans surprise, le ministre de la sécurité nationale, Itamar Ben-Gvir, s'est dit opposé à cette initiative, la qualifiant de « grave erreur » et d'« occasion historique manquée » d'éliminer l'organisation terroriste. 

Les membres du Likoud critiquent également l'intention de B. Netanyahou de signer l'accord, estimant que le premier ministre tente d'apaiser l'opinion publique et le Conseil de sécurité des Nations unies, mais que cela ne garantira pas que le Hezbollah cessera d'attaquer le nord d'Israël.

Dan Illouz, membre du Likoud, a déclaré que l'accord repose sur des mécanismes de contrôle internationaux qui, selon lui, se sont révélés faibles et inefficaces par le passé et souligne le risque que cet accord fait peser sur les habitants du nord du pays.

Le ministre des finances, Bezalel Smotrich, a déclaré : « Pas d'accord. S'il est signé, il ne vaudra que le papier sur lequel il est écrit. Ce qui compte, c'est que nous les avons démantelés et que nous continuerons à les démanteler. »

Le ministre des affaires de la diaspora, Amichai Chikli, a également fait part de ses inquiétudes. Selon lui, il faudrait un accord sans « aucun gain pour le Hezbollah, le retrait des forces de la FINUL et le contrôle par Tsahal d'une étroite zone tampon essentielle pour contrôler les tirs et l'observation des communautés israéliennes ».

Il a ajouté : « La série de coups portés à la direction du Hezbollah et les opérations au sol ont permis d'obtenir des succès opérationnels significatifs ; nous ne devrions en aucun cas les échanger contre une tranquillité équivalente à un bol de lentilles. Nous avons déjà appris de première main ce qu'il en coûte d'acheter la tranquillité dans le bazar du Moyen-Orient ».