Le Hamas libérera bien trois otages samedi

Le Hamas est parvenu à un accord avec les médiateurs égyptiens pour reprendre l'accord de libération des otages dans sa forme initiale en échange de caravanes et de carburant.

Selon des sources égyptiennes, les caravanes devraient entrer dans la bande de Gaza jeudi, après quoi le Hamas annoncera les noms des trois otages qui seront libérés samedi. 

Des caravanes attendent actuellement à l'entrée du passage de Rafah, leur entrée étant prévue dans l'après-midi. Cette livraison répond à l'une des principales revendications du Hamas, qui avait suspendu l'accord en accusant Israël de retarder l'acheminement de tentes et de caravanes pour les déplacés palestiniens. Une source égyptienne a confirmé qu'Israël s'est engagé à augmenter les livraisons d'abris, de tentes et d'équipements lourds vers Gaza.

L'organisation pose toutefois comme condition la garantie d'un flux continu d'aide humanitaire au-delà de samedi, selon des sources palestiniennes. Sur le terrain, 801 camions d'aide sont entrés à Gaza hier, dépassant de 201 unités le quota quotidien de 600 camions fixé par l'accord. 

Les familles des otages confirment avoir reçu de la part des otages libérés des preuves de vie de 12 des otages toujours détenus à Gaza. 

Dix familles ont révélé avoir reçu ces informations, tandis que deux autres ont choisi de ne pas divulguer leur identité pour le moment. 

Certaines familles ont même pu visionner des vidéos de leurs proches captifs. Parmi les otages dont l'existence a été confirmée figurent Matan Angrest, Gali Berman, Ziv Berman, Nimrod Cohen, Elkana Bohbot, Alon Ohel, Elia Cohen, Yosef Haim Ohana, Omri Miran et Eitan Mor.

Ces informations ont été publiées avec l'autorisation de la censure militaire.

Les témoignages reçus dressent un tableau préoccupant des conditions de détention. Les otages seraient blessés, affamés, enchaînés dans des tunnels depuis le début de la guerre. Ils auraient perdu beaucoup de poids et certains subiraient des mauvais traitements et des interrogatoires prolongés visant à obtenir des renseignements.

Dans un entretien exclusif à ynet, Ran Gilboa a livré le récit glaçant de la captivité de sa fille Daniela, ancienne observatrice de Tsahal, otage libérée après avoir été capturée dans la base militaire de Nahal Oz le 7 octobre. 

"Deux balles ont été tirées dans ses jambes, et des éclats ont volé dans toutes les directions, l'un d'eux a pénétré dans sa tête", raconte-t-il. Les premiers jours de captivité ont été particulièrement éprouvants : "Les filles ont vu des scènes terribles, y compris la mort de leur amie la plus proche. Les terroristes les ont séparées entre les morts et les vivants."

Le Hamas avait mis en scène la mort de Daniela dans une vidéo de propagande. "Ils lui ont demandé de s'allonger, l'ont enveloppée dans des draps, l'ont maquillée, ont mis en évidence son tatouage. Ils ont fait une vidéo délibérée qui nous a anéantis à la maison", témoigne son père.

Les conditions de détention étaient extrêmes : "Des tunnels étouffants où l'on ne pouvait pas se tenir debout. Pas d'eau. Daniela et ses amies ont été forcées de boire de l'eau souterraine contaminée", explique-t-il. "Elle a contracté une grave infection bactérienne intestinale, elle a été entre la vie et la mort pendant deux semaines. Il y avait des jours où elles devaient manger de la nourriture pour ânes, quelque chose d'immangeable."

Malgré ces conditions, Daniela et ses amies otages ont tenté de garder le moral : "Elle était avec Karina Ariev depuis le premier jour. Elle a appris l'arabe courant sans que les ravisseurs ne sachent qu'elles connaissaient la langue." Doron Steinbrecher, qui les a rejointes plus tard, "a pansé ses blessures et l'a aidée tout au long de l'année. Elles jouaient aux cartes, chantaient des chansons et jouaient beaucoup aux échecs."

Des terroristes du Hamas ont frappé avec une arme l'un des otages thaïlandais libérés dans le cadre de l'accord de cessez-le-feu en janvier et lui ont cassé les dents, a rapporté Channel 12 mercredi. 

Selon le rapport, le ressortissant thaïlandais qui est revenu de captivité avec les dents cassées a subi une rééducation au centre médical Shamir à Be'er Yaakov. 

Le média israélien a ajouté qu'Israël continuerait à financer le traitement dentaire de l’ex-otage en Thaïlande.