Le rappeur Médine accusé de propos antisémites a été déprogrammé du festival des solidarités

Le rappeur Médine accusé de propos antisémites récuse les faits. Son invitation aux universités d’été de la France insoumise et des verts est au cœur d’une polémique qui touche toute la classe politique française. En Belgique sa participation au festival des solidarités a été annulée.

Convié, jeudi 24 août, aux Journées d'été d'EELV au Havre, le rappeur Médine plonge les écologistes dans la tourmente. L'artiste, également invité à la rentrée de La France insoumise samedi près de Valence (Drôme), a en effet ravivé les accusations récurrentes d'antisémitisme à son encontre avec un tweet sur l'essayiste Rachel Khan, juive et petite-fille de déporté.

Le 10 août, le rappeur engagé à gauche a qualifié l'artiste et essayiste Rachel Khan de "resKHANpée", et il l’a accusée également de bouffer au sens propre à la table de l'extrême droite" dans un tweet. 

Le lendemain, le chanteur a déclaré. "C'est une erreur, je le reconnais", a-t-il ajouté, expliquant qu'il n'avait "pas en tête l'histoire de sa famille" lorsqu'il a publié ce "tweet maladroit". Le tweet de Médine déclenche immédiatement de vives critiques. Et plusieurs personnes appellent LFI et Marine Tondelier à "revenir à la raison" et à déprogrammer la participation du rappeur à leurs universités d'été. Mais les deux partis maintiennent la présence de l’artiste.

Et puisque Médine y sera, d'autres ont renoncé à venir. Comme la maire de Strasbourg, ou celui de Bordeaux. Le ministre de l'Industrie, Roland Lescure, estimant que le rappeur "joue avec l'ambiguïté", ou l'ancien Premier ministre et actuel maire du Havre, Edouard Philippe.

Le rappeur continue de nier."L'antisémitisme est un poison, je le combats depuis longtemps", a t-il affirmé dans une interview au Parisien. Dans le titre RER D (2008), il lançait que l’antisémitisme « est un cancer, tout comme l’islamophobie ».

La clarté de cette déclaration n’empêche pas l’ambiguïté, ni les errances ou les fautes du bonhomme. Longtemps, Médine a en effet affiché un soutien sans équivoque à Dieudonné, joignant à plusieurs reprises, au début des années 2010, le geste à la parole en effectuant une quenelle, ce salut nazi inversé inventé par le polémiste antisémite. "Je croyais que c'était de la liberté d'expression", j’ai compris "trop tard" qu'il s'agissait d'un "signe de ralliement antisémite". "On cherche une maladresse ancienne pour me disqualifier, discréditer la gauche à travers moi", a-t-il estimé.

"Médine n'est pas raciste", a assuré Jean-Luc Mélenchon, en ciblant les "soumis au qu'en-dira-t-on des hypocrites", visant entre les lignes les états d'âme de certains écologistes. La députée du Val-de-Marne Mathilde Panot, elle, s'est déclarée "honorée" de la présence du rappeur, mercredi sur France Inter.

A Namur, Médine devait se produire ce vendredi au festival namurois Les Solidarités, dont il était une des têtes d’affiche. Plusieurs personnalités politiques avaient demandé son annulation

“Auteur d’un tweet antisémite, ouvertement anti police mais invité par @solidariswal pour un festival bourré d’argent public… Peut-on demander un peu de décence en ne faisant pas venir cette personne ?” avait écrit notamment Georges Louis Bouchez le président du MR. 

Le concert a bien été annulé. La décision a été prise par les organisateurs “avec une certaine consternation mais dans un souci d’apaisement" précisent-ils dans un communiqué.