Le rapprochement américano-russe inquiète les européens et irrite l'Ukraine

A Riyad, Washington et Moscou engagent un dialogue cordial sur la guerre en Ukraine, sans avancées concrètes pour le moment.

Marco Rubio, s’est dit « convaincu » que Moscou était prêt à s’engager dans un « processus sérieux » pour mettre fin au conflit. Le ministre des affaires étrangères russe, Sergueï Lavrov, a, lui, estimé que les Américains avaient commencé à « mieux comprendre » la position de la Russie. Le président américain Donald Trump a annoncé une rencontre avec Vladimir Poutine avant la fin du mois. Une date qui n’a pas été confirmée à l’issue de ce sommet “informel”.

Sur le dossier ukrainien, le secrétaire d’état américain a prévenu que toute négociations de paix devront inclure une "discussion sur les territoires" et la mise en place de "garanties de sécurité". Les deux diplomates se sont accordés pour "désigner des négociateurs” afin “de commencer à travailler” sur une issue du conflit en Ukraine dès que possible.
Tout le monde aura une place à la table des négociations, y compris l'Europe, selon Marco Rubio.
Revirement également du côté de la Russie, qui a indiqué qu’elle pourrait accepter une adhésion de l’Ukraine à l’Union européenne, mais pas à l’Otan.

Ces négociations irritent l’Ukraine et inquiètent les Européens

Ces discussions ont en effet été menées sans que l’Ukraine n’ait été conviée. Depuis la Turquie où il est en visite, Volodymyr Zelensky s’en est indigné : "Les négociations ne devraient pas se tenir dans notre dos." Dans la foulée, il a indiqué reporter son voyage en Arabie Saoudite au 10 mars prochain.

Emmanuel Macron a convié certains dirigeants européens à Paris en toute hâte en début de semaine pour un sommet “informel”, sans grandes avancées notables.
Hier, il a affirmé hier que le président américain pouvait "réamorcer un dialogue utile" avec Vladimir Poutine, car il a "des mots très fermes", qui pourrait aider, selon lui, "à faire pression". Une seconde réunion sur l’Ukraine aura lieu aujourd’hui à Paris. 

Côté UE, la cheffe de la diplomatie Kaja Kallas, a appelé hier soir à la prudence : elle estime que Moscou essaie de diviser les Occidentaux, et appelle les Etats-Unis à ne « pas tomber dans les pièges russes ».

Les États membres de l’Union européenne sont divisés sur la possibilité d’envoyer des troupes en Ukraine.

L’Allemagne, principal contributeur européen de l’aide à l’Ukraine, s’y est fermement opposé, estimant que c’était “prématuré”. La Pologne, grand soutien de Kiev, également.
Le chancelier allemand Olaf Scholz a tout de même exhorté l'Europe et les États-Unis à continuer d'"agir ensemble".

Une position que s’est également efforcé de défendre la cheffe de la Commission européenne Ursula Von der Leyen hier. Face à l’envoyé spécial américain Keith Kellogg, de passage à Bruxelles hier, elle a souligné la volonté de l'UE d'"accroître" sa production et ses dépenses d'armements, "en renforçant à la fois les capacités militaires européennes et ukrainiennes". Elle a parlé d’une enveloppe de 500 milliards d’euros sur dix ans.

La cheffe de l'exécutif européen devrait présenter le 19 mars ses idées pour développer les capacités de défense de l'UE.

L’envoyé spécial américain pour l’Ukraine Keith Kellogg se rendra à Kiev aujourd’hui.