Cette plaidoirie est très attendue, car l'avocate de 32 ans défend Salah Abdeslam, dans le dossier des attentats qui ont fait 132 morts et des centaines de blessés.
Alors qui est cette jeune avocate ? Elle a un père chef d’entreprise, né en Iran et parti vivre un temps en Israël. Une mère, fonctionnaire à l'imprimerie nationale, qui a arrêté son activité pour élever ses quatre filles. Olivia Ronen est la petite dernière, et elle travaille déjà depuis décembre 2011. Elle porte également un petit tatouage sur son poignet gauche. Il s'agit du prénom en hébreu de sa grande sœur Stéphanie, née handicapée et disparue à l'âge de 28 ans. "Un coup de tonnerre" dans le ciel de cette famille parisienne "très soudée".
Elle prête serment en 2016, aux côtés de Martin Vettes. Son futur binôme au procès des attentats du 13-Novembre 2015.
ââA l'été 2018, un courrier signé Salah Abdeslam lui parvient pendant ses vacances. Olivia Ronen avoue avoir été gagnée par une "grande motivation" à l'idée de ce "paroxysme de la défense". Comment son nom est-il parvenu aux oreilles du détenu le plus surveillé de France ? Mystère…
En tt cas Olivia Ronen aura tout fait pour redonner figure humaine à son client. "Je le considère comme une personne normale que j'assiste", souligne l'intéressée à nos confrères de France info. D'aucuns mettent justement à son crédit, et à celui de son binôme Martin Vettes, l’évolution de Salah Abdeslam. L'accusé ne leur a pourtant pas rendu la tâche facile. Il a fallu composer avec ses provocations − dont le fameux "Je suis un combattant de l'Etat islamique" au premier jour du procès −, ses justifications insupportables, ses silences à géométrie variable, et ses contradictions".
Olivia Ronen est tout de même parvenue à lui arracher quelques mots d'excuses pour les victimes et quelques larmes, versées au tout dernier jour de ses interrogatoires. Sur les bancs des parties civiles, tout le monde n’y a pas cru... Et les propres larmes d'Olivia Ronen elle-même après cette séquence n'ont pas non plus échappé au public présent ce jour-là.
Inlassablement, l’avocate s'est levée ces derniers mois pour pointer les failles d'un dossier monumental ou les contradictions d'un témoin. Et sous-entendre comme l’a dit souvent son client que les attentats étaient une réponse aux bombardements en Irak et en Syrie.
Olivia Ronen "nage à contre-courant", formule Negar Haeri, qui défend l'accusé Mohamed Amri. Marc Bailly, un autre confrère, appuie : "On ne fait pas ce métier pour être aimé. Elle incarne cela."
C'est elle qui plaidera en dernier, en ce vendredi 24 juin. Ses pensées "seront jetées sur le papier au dernier moment, pour avoir la dernière impression".
Je ne peux pas plaider quelque chose en quoi je ne crois pas. Je ne joue pas." Le verdict l'inquiète davantage - la perpétuité incompressible a été requise contre son client. bien évidemment, on suivra ce verdict avec attention sur notre antenne.