Derrière l’annonce d’un gouvernement technocratique, le Hamas préparerait le maintien de son contrôle politique et sécuritaire sur la bande de Gaza.
Un document interne confidentiel du Hamas, transmis à ses responsables administratifs à Gaza, détaille une stratégie visant à conserver la main sur la gestion du territoire, malgré l'annonce d’un gouvernement technocratique. Selon Kan 11, les cadres du Hamas sont explicitement invités à poursuivre leur travail quotidien « comme si rien n’avait changé ».
En pratique, le texte décrit un système où le gouvernement civil exercerait une autorité de façade, tandis que le pouvoir réel resterait concentré entre les mains du Hamas.
En parallèle, les services de sécurité israéliens alertent sur une poursuite du renforcement militaire du Hamas sous couvert du cessez-le-feu. Selon une évaluation récente transmise à Benjamin Netanyahu, Tsahal estime que le Hamas continue de consolider ses capacités militaires et son emprise civile à Gaza. La conclusion est claire : sans désarmement effectif du Hamas, même un modèle de gouvernance technocratique ne suffirait pas à remettre en cause le contrôle du Hamas sur la bande de Gaza.
Autre couac pour la nouvelle administration de Gaza, Israël s'insurge contre le logo du Comité national pour la nouvelle administration de Gaza.
Ce visuel, qui remplace un symbole de renaissance représentant un phénix, arbore désormais l’"aigle de Saladin", emblème officiel de l’Autorité palestinienne. “Le logo qui a été présenté à Israël était totalement différent de celui publié hier soir. Israël n'acceptera pas l'utilisation d'un symbole de l'Autorité palestinienne ; l'Autorité palestinienne ne participera pas à l'administration de Gaza”. a écrit le bureau du premier ministre dans son communiqué. Le vrai problème n’est pas le logo, bien entendu, mais la participation de Ramallah à la nouvelle gouvernance de Gaza, que l’Etat hébreu refuse catégoriquement.
Plusieurs sources sur le terrain affirment même que des responsables identifiés comme proches de l’Autorité palestinienne participent déjà, de facto, au fonctionnement de certains dispositifs, notamment au passage de Rafah.
Et justement, la réouverture partielle du point de passage de Rafah a eu lieu hier et permis l’évacuation des premiers patients palestiniens malades hors de Gaza vers l’Égypte.
Une étape hautement symbolique, présentée comme l’un des volets humanitaires du cessez-le-feu entre Israël et le Hamas.
Un responsable égyptien a précisé que trois ambulances avaient déjà franchi le point de passage, soulignant que chaque cas faisait l’objet d’un contrôle médical rigoureux avant tout transfert.
Pour l’instant, l’ouverture reste strictement limitée : aucun bien commercial ne transite par Rafah et les mouvements de personnes sont fortement encadrés. Israël et l’Égypte ont indiqué qu’un mécanisme conjoint de vérification serait appliqué à chaque entrée et sortie.