Une délégation israélienne va se rendre au Qatar ce lundi pour de nouvelles négociations, même si le Hamas n'a pas encore répondu aux grandes lignes d'un éventuel accord sur les otages élaboré lors des pourparlers à Paris ce week-end.
Les discussions devraient porter sur la détermination nominale des otages israéliens et des prisonniers palestiniens qui pourraient être libérés en cas d'accord.
S'adressant à Ynet, un responsable israélien anonyme déclare qu'il est "impossible de savoir" ce que le Hamas pense de la dernière ébauche d'un accord sur les otages, et qu'il faudra un certain temps avant que l'accord ne soit prêt, mais que "la direction est positive".
Benjamin Netanyahou a accordé dimanche une longue interview à la chaîne américaine CBS, dans “Face the nation”, où il a parlé entre autres des négociations pour la libération des otages.
" Nous parviendrons à un accord si le Hamas revient à la réalité", a déclaré le Premier ministre israélien. "Le Hamas était arrivé avec des exigences folles. Mais il est trop tôt pour dire que s'ils abandonnent leurs revendications, s'ils présentent des exigences raisonnables, un accord pourra être atteint".
La délégation israélienne, qui comprenait le chef du Mossad, David Barnea, le chef du Shin Bet, Ronen Bar, le général de division Nitzan Alon et le général de division Oren Seter, est rentrée en Israël samedi soir, après une journée de négociations à Paris.
Lors de ces discussions, la délégation a accepté les grandes lignes d'un accord qui impliquerait 6 semaines de trêve, la libération de 40 otages femmes, enfants, personnes âgées et malades en échange de 400 prisonniers palestiniens. Il serait aussi question d’un transfert des gazaouis vers le nord de Rafah et d’une évacuation de soldats israéliens de cette zone.
Le cabinet de guerre a approuvé les grandes lignes de l'accord dont on espère qu’il sera signé avant le début du Ramadan, le mois sacré des musulmans, qui devrait commencer le 10 mars.
En Israël on garde un optimisme prudent et on a peur que les négociations durent encore plusieurs semaines…
Dimanche soir, la chaîne 12 a rapporté que le Premier ministre israélien voudrait aussi que tous les prisonniers "lourds" libérés dans le cadre d'un accord sur les otages soient envoyés directement au Qatar dès leur libération des prisons israéliennes.
Cette demande n'a été formulée qu'après le sommet de Paris et non pendant.
En outre, Ynet rapporte que M. Netanyahou a déclaré que les négociations autour d'un accord sur les otages ne pouvaient pas se poursuivre tant qu'Israël n'aurait pas reçu une liste des otages encore en vie par rapport à ceux qui ne le sont pas.
"Les commentaires de M. Netanyahou montrent qu'il ne se soucie pas de parvenir à un accord", a déclaré M. Abu Zuhri, haut responsable du Hamas à Reuters, accusant le dirigeant israélien de vouloir "poursuivre les négociations sous les bombardements et l'effusion de sang" des Palestiniens à Gaza.
Les discussions ont tout de même repris dimanche au Qatar, a rapporté la chaîne de télévision publique égyptienne Al Qahera.
Toujours lors de son interview à CBS, le premier ministre israélien a aussi largement évoqué l’opération israélienne prévue à Rafah et les avertissements internationaux contre celle-ci.
"L'opération à Rafah prendra quelques semaines jusqu'à la fin de la guerre. Si nous obtenons un accord sur les otages, l'opération à Rafah sera un peu retardée, mais s'il n'y a pas d'accord, nous passerons à l'action rapidement", a-t-il expliqué.