Anthony Albanese annonce le lancement d'une commission d'enquête nationale sur les attentats de Bondi Beach.

La découverte récente de nouveaux graffitis antisémites en Australie ravive les tensions et relance le débat sur la réponse des autorités à la haine antijuive dans le pays.

Dans un communiqué publié sur X, le Combat Antisemitism Movement alerte sur la répétition de signaux ignorés, quelques semaines seulement après l’attentat antisémite de Bondi Beach à Sydney, survenu le 14 décembre dernier, au premier jour de la fête juive de Hanoukka.

L’organisation rappelle que deux semaines avant le massacre des graffitis antisémites avaient été retrouvés à l’entrée de la plage de Bondi. Un avertissement qui, selon elle, n’a pas été pris à sa juste mesure.

Mardi, de nouvelles inscriptions appelant explicitement à la violence ont été découvertes dans un espace public dans l’état d’Australie-Occidentale. Les mots « tuer les Juifs », accompagnés de croix gammées, ont été retrouvés. 

Le Combat Antisemitism Movement exhorte les autorités locales à agir « de manière décisive » face à ces messages, précisant que « la communauté juive ne veut pas avoir à faire face, une nouvelle fois, aux conséquences de l’ignorance de ces signaux d’alerte ».

Dans une lettre diffusée fin décembre, dix-sept familles demandent « l’établissement immédiat d’une Commission royale du Commonwealth sur la montée rapide de l’antisémitisme en Australie » ainsi qu’un examen des « défaillances des forces de l’ordre, du renseignement et de la politique qui ont conduit au massacre de Bondi Beach ».

Et Anthony Albanese a cédé à la pression et vient d’annoncer le lancement d'une commission d'enquête nationale.

Le Premier ministre australien a annoncé ce jeudi la création d'une commission d'enquête nationale suite au massacre perpétré lors d'une fête de Hanoukka sur la plage de Bondi à Sydney qui a fait 15 victimes. 

Outre l'enquête sur l'enchaînement des événements et les défaillances systémiques ayant conduit à cette attaque, la commission se penchera également sur la montée de l'antisémitisme en Australie et sur l'état de la cohésion sociale dans le pays.

« Il s'agit d'un organisme indépendant qui exigera des parties impliquées qu'elles témoignent. Nous étudierons en profondeur les faits et mettrons tout en œuvre pour éviter qu'ils ne se reproduisent », a déclaré le Premier ministre Albanese.

La nomination de la présidente de la commission suscite toutefois la controverse. Albanese a en effet désigné l'ancienne juge de la Cour suprême Virginia Bell, à gauche de l'échiquier politique et dont les prises de position suscitent la méfiance au sein de la communauté juive. 

Anthony Albanese avait initialement décidé de mettre en place une commission gouvernementale aux pouvoirs nettement plus limités, ce qui avait provoqué la colère des familles de victimes. 

La commission débutera ses travaux dans les prochaines semaines.