Benjamin Netanyahou a officiellement demandé la grâce au président Herzog pour mettre fin à son procès, arguant que cela favoriserait l’unité nationale et la stabilité en Israël.
Après que le président Isaac Herzog ait déclaré qu'il étudierait "avec sérieux et responsabilité" la demande de grâce du Premier ministre Benyamin Netanyahou, hier soir, des dizaines de manifestants sont rassemblés devant son domicile. Les protestataires ont installé une pancarte caricaturant Israël en "république bananière".
La présidence a fermement réfuté les publications affirmant que Isaac Herzog aurait préparé une liste de conditions à l’intention du Premier ministre Benjamin Netanyahou en échange d’une grâce. Selon ces articles, Isaac Herzog exigerait notamment la suspension de la réforme judiciaire et une démission temporaire de Netanyahou. La présidence a déclaré : « Toute publication qui ne provient pas des porte-parole de la Présidence est sans fondement. »
La demande de grâce de Benjamin Netanyahou, exceptionnelle, suscite un débat intense dans le pays : ses alliés appellent à l’accepter immédiatement, tandis que l’opposition exige une reconnaissance de culpabilité et un retrait de la vie politique.
L’ancien Premier ministre Naftali Bennett s'est prononcé en faveur de la grâce présidentielle conditionnée à un retrait de la vie politique de Netanyahou.
"Je soutiens un accord prévoyant un « retrait respectueux de la vie politique » accompagné de la fin des poursuites judiciaires en cours. Selon lui, une telle solution permettrait de « tourner la page, s’unir et reconstruire l’État ensemble » alors que selon lui qu’Israël avait été « entraîné dans le chaos » et « au bord d’une guerre civile menaçant son existence »,
Des sources proches du Premier ministre ont déclaré que ce dernier n'envisagerait pas un accord qui l'obligerait à se retirer de la scène politique. « Il prévoit de se présenter à nouveau [aux prochaines élections] », ont déclaré ces mêmes sources.
L'ancien avocat de Benjamin Netanyahu a déclaré que la demande de grâce ne pouvait être accordée avant que celui-ci n'ait reconnu sa culpabilité dans le cadre de son procès pour corruption. « Une grâce est accordée à un coupable, c'est ce que prévoit la loi », a déclaré Micah Fettman dans une interview accordée à Channel 12.
Le journal Yated Ne'eman, organe du parti orthodoxe Degel HaTorah s’inquiète également de cette grâce potentielle ce matin.
Si le président Isaac Herzog accorde sa grâce au Premier ministre Benjamin Netanyahou, celui-ci pourrait revenir sur ses engagements concernant la loi sur la conscription des orthodoxes. “Il ne sera plus considéré comme un 'criminel condamné', ce qui lui permettra d'élargir son gouvernement avec des partenaires désireux de retrouver des fauteuils ministériels." assure le journal orthodoxe.
Un nouveau sondage du Centre aChord de l’Université hébraïque publié ce dimanche mesure la réaction du public à la demande de grâce formulée par le Premier ministre Benjamin Netanyahou.
Selon l’enquête, 49 % des sondés s’opposent à l’octroi d’une grâce, tandis que 32 % y sont favorables et 19 % se déclarent neutres.
L’analyse détaillée des résultats révèle une forte polarisation politique. Parmi les électeurs de la coalition au pouvoir, 62 % soutiennent la grâce, 17 % s’y opposent et 21 % restent indécis. À l’inverse, du côté de l’opposition, 81 % des électeurs rejettent la mesure, seuls 8 % y étant favorables, et 11 % se disant sans opinion.