Le tribunal correctionnel de Nanterre devra fixer le 18 décembre la peine encourue par Leïla Y. jugée pour avoir versé des produits ménagers toxiques dans plusieurs aliments et cosmétiques de ses employeurs juifs.
Jugée ce mardi 9 décembre à Nanterre, cette nourrice algérienne de 42 ans encourt une peine de prison pour «administration de substance nuisible suivie d’incapacité de travail supérieure à huit jours», au préjudice d’un couple de confession juive et de leurs trois enfants, tandis que la question du caractère antisémite de son geste a dominé l’audience. Le parquet a requis trois ans d’emprisonnement avec maintien en détention, cinq ans d’interdiction d’entrer en contact avec la famille et dix ans d’interdiction du territoire français.
«Ils ont le pouvoir et l’argent, je n’aurais jamais dû travailler pour des juifs.» Cette phrase, prononcée par Leïla sous l’effet de «la colère» selon l’accusée, est décrite par Yonathan Arfi, président du Crif cité comme témoin, comme «l’un des marqueurs les plus puissants de la banalisation de l’antisémitisme». Leïla Y., elle, assure ne «pas vraiment connaître la définition du mot antisémitisme» et dit n’avoir aucune connaissance du conflit israélo-palestinien au moment des faits, tout en présentant ses excuses pour ces propos.
Elle saura dans les prochains jours si elle est reconnue coupable d’avoir intoxiqué ce foyer juif, et surtout si la circonstance aggravante du caractère antisémite sera retenue à son encontre.
En attendant, la famille est traumatisée. «Les repas de Shabbat ne sont plus pareils», clame au président Me Ghozlan. Le produit chimique a fait basculer le quotidien de la famille dans la terreur : «j’ai craint pour ma vie», assure Sarah.C, la mère de famille concernée.