03 avril 2023
Quarante-deux ans après l’attentat de la rue Copernic, son auteur présumé est jugé. Il s’agit du Libano-Canadien Hassan Diab, accusé d’avoir fait exploser la bombe qui a tué quatre personnes, le 3 octobre 1980, à Paris.
L’explosif a été placé sur le porte-bagages d’une moto garée devant la synagogue. Trois personnes meurent sur le coup : Philippe Bouissou, 22 ans, qui passait à moto dans la rue ; Aliza Chagrir, une touriste israélienne qui rentrait à son hôtel ; Jean-Michel Barbé, le chauffeur d’une famille présente dans la synagogue. Une quatrième victime mourra de ses blessures : Hilario Lopez Fernandez, concierge de l’hôtel Victor-Hugo, situé juste en face. Quarante personnes sont blessées. Cet attentat, le premier à visée antisémite depuis la seconde guerre mondiale, est aussi le plus violent que la France avait eu à subir jusqu’alors.
Un carnage a été évité de peu : la cérémonie ayant pris du retard, les nombreux fidèles n’étaient pas encore sortis de la synagogue.
En décembre 1980, la direction de la surveillance du territoire (DST) reçoit des renseignements de services secrets étrangers désignant le Front populaire de libération de la Palestine-Opérations spéciales (FPLP-OS), un groupuscule de la gauche radicale palestinienne basé à Beyrouth, fondé par Wadie Haddad, puis dirigé par Salim Abou Salem. Ensuite, l’enquête va s’éteindre. Plus rien n’avance pendant dix-huit ans, jusqu’à ce que le juge d’instruction antiterroriste Marc Trévidic s’en empare, à partir de 2007.
En novembre 2008, il délivre un mandat d’arrêt international à l’encontre d’Hassan Diab. Ce dernier dit tomber des nues, évoque une possible homonymie. Il faut six longues années de décisions, d’appels et de contre-appels pour que la justice canadienne décide d’extrader Hassan Diab. C’est chose faite le 15 novembre 2014. Il est immédiatement placé en détention provisoire.
A la surprise générale, les juges d’instruction rendent une ordonnance de non-lieu, le 12 janvier 2018, annulant ainsi le travail de leur prédécesseur. Libéré le soir même, Hassan Diab s’envole pour le Canada, le lendemain. Le parquet et les parties civiles font immédiatement appel, tout en sachant qu’il y a peu de chances de revoir le Libano-Canadien, épaulé dans son pays par un puissant comité de soutien, dont Amnesty International.
La procédure judiciaire suit son cours et la chambre de l’instruction rejette le non-lieu en janvier 2021. Six mois plus tard, la Cour de cassation confirme, ouvrant la voie à un procès, qui s’ouvre lundi 3 avril, à Paris après quarante-deux ans de rebondissements. Il est prévu jusqu’au 21 avril.
Hassan Diab a fait savoir qu’il ne viendrait pas y assister. Mais ce sera notamment l’occasion d’entendre les juges d’instruction Trévidic, Herbaut et Folzer justifier leurs décisions.

