20 juin 2024
Des centaines de personnes ont participé à des manifestations contre l'antisémitisme à Paris et à Lyon, à la suite de l'inculpation, mercredi, de deux adolescents pour le viol à caractère antisémite d'une jeune fille juive de 12 ans en France.
"Violée à 12 ans parce qu'elle était juive", peut-on lire sur une banderole lors d'une manifestation dans le centre de Paris à laquelle le ministre de la justice, Eric Dupond-Moretti, figurait parmi les personnalités connues qui y ont participé.
Rappelons que la France possède la plus grande communauté juive de tous les pays en dehors d'Israël et des États-Unis, ainsi que la plus grande communauté musulmane d'Europe. Les actes antisémites se sont multipliés depuis que l'attaque du Hamas contre Israël, le 7 octobre, a déclenché la guerre à Gaza.
Le président français Emmanuel Macron a dénoncé mercredi, au cours du Conseil des ministres, le "fléau de l'antisémitisme" et demandé "un temps d'échanges" dans les écoles autour du racisme et de l'antisémitisme.
Le Premier ministre Gabriel Attal a quant à lui partagé « la peine », « l’horreur », « la révolte » et « la colère » qui l’ont traversé à la suite de ce drame.
« Mais la détermination, surtout, à ce que les auteurs soient jugés et condamnés avec la plus grande fermeté. La détermination à se battre, sans cesse, sans compter, contre l’antisémitisme. Les mots ont des effets, les idées ont des conséquences. Le combat contre l’antisémitisme doit être celui de tous les républicains », a-t-il ajouté sur X.
Invité hier soir au 20h de TF1, le Premier ministre français a appelé «l’ensemble des responsables politiques à mettre des digues sur la question de l’antisémitisme».
«Ce qui s'est passé est absolument abject, insupportable, inqualifiable», a d’abord déclaré le Premier ministre qui a ensuite adressé une pensée à la victime et à ses proches. «J’appelle véritablement l’ensemble des responsables politiques à mettre des digues sur la question de l’antisémitisme», a-t-il ajouté.
A gauche, le premier secrétaire du PS, Olivier Faure a fustigé mardi le « fléau » de « la haine antisémite ».
« La lutte contre l’antisémitisme doit être menée sans faiblesse et sans répit », avait-il insisté.
Le député sortant de la Somme François Ruffin (LFI) a aussi dénoncé sur X un « horrible viol antisémite ». « Ce crime odieux doit nous percuter au plus profond, sur ce qu’il révèle : le machisme crasse de jeunes hommes pour qui le corps des femmes est une chose, qui leur appartient. L’antisémitisme pour qui la judéité est une tare, un affront à l’honneur », a-t-il écrit.
A l’extrême-droite, le président du Rassemblement National, Jordan Bardella a dénoncé depuis le salon de la Défense Eurosatory « un antisémitisme d’atmosphère qu’il nous faut combattre ».
Sur X, Marine Le Pen, avait déjà condamné fermement cette agression, et estimé que « la stigmatisation des juifs depuis des mois par l’extrême gauche à travers l’instrumentalisation du conflit israélo-palestinien est une véritable menace pour la paix civile ». « Chacun devra en avoir pleinement conscience les 30 juin et 7 juillet », a-t-elle lancé.
La Fondation des Femmes a elle aussi apporté son soutien à la jeune victime, évoquant un « crime sexiste et antisémite ».
« Le viol est un outil de destruction au service de la haine et lorsque des enfants violent des enfants, c’est la société tout entière qui doit se poser la question de sa responsabilité face à la violence, l’antisémitisme et la misogynie à l’œuvre dans notre pays », a-t-elle insisté sur X.

