En visite à Washington, Isaac Herzog appelle les USA à la vigilance contre l’antisémitisme dans son discours devant le congrès américain.


20 juillet 2023

“La diffamation d'Israël et la négation de son droit à l'existence relèvent de l'antisémitisme”, a déclaré le président Isaac Herzog lors de la session conjointe du Congrès américain, mercredi.

Dans son discours devant le congrès US à l’occasion des 75 ans d’Israël, Isaac Herzog a bien sûr remercié les USA pour leur soutien et leur amitié. Mais il les a aussi appelé à la vigilance contre l’antisémitisme qui règne dans leur pays et même dans leur assemblée. 

"Je respecte les critiques, en particulier celles émanant d'amis. Mais les critiques à l'égard d'Israël ne doivent pas aller jusqu'à la négation du droit à l'existence de l'État d'Israël. Remettre en question le droit du peuple juif à l'autodétermination n'est pas de la diplomatie légitime, c'est de l'antisémitisme".

Les remarques de M. Herzog sont intervenues au lendemain de l'adoption par le Congrès d'une résolution affirmant le soutien des États-Unis à Israël et le qualifiant d'allié démocratique, tout en condamnant l'antisémitisme. La résolution a été adoptée en réponse à la présidente d’un groupe parlementaire démocrate, Pramila Jayapal, qui avait qualifié Israël d'"État raciste" samedi, précisant par la suite qu'elle faisait référence aux politiques du gouvernement.

M. Herzog a également évoqué le débat sur la réforme judiciaire en Israël, qu'il a qualifié de "houleux et douloureux".

Toutefois, il a ajouté qu'"en tant que président d'Israël, je suis ici pour dire au peuple américain, et à chacun d'entre vous, que j'ai une grande confiance dans la démocratie israélienne. Bien que nous soyons confrontés à certains problèmes, tout comme vous, je sais que notre démocratie est forte et résistante. La démocratie est inscrite dans l'ADN d'Israël".

Dans ce contexte, lors de leur appel téléphonique cette semaine, le Premier ministre israélien  Benjamin Netanyahou avait déclaré au président américain Joe Biden que les partis d’opposition n’étaient pas en mesure de négocier un accord sur la réforme judiciaire. 

La différence de ton des leaders de l’opposition et des organisateurs des manifestations montrent que ces derniers sont beaucoup plus radicaux et motivés par un objectif qui va bien au-delà de la réforme, à savoir renverser le gouvernement actuel. “L’opposition est l’otage du mouvement de protestation, bien plus extrémiste qu'eux”, a affirmé Benjamin Netanyahou lors de son appel téléphonique de lundi avec Joe Biden. Il lui a assuré que l’opposition craignait un retour de bâton de la part du mouvement national de protestation, si elle faisait des compromis sur certaines questions.