ISRAËL : La polémique enfle en Israël sur la réforme du système judiciaire initiée par le nouveau gouvernement de Benjamin Netanyahou.


10 janvier 2023

La polémique enfle en Israël sur la réforme du système judiciaire initiée par le nouveau gouvernement Netanyahou. 

Défendant le programme de réforme, le Premier ministre Benjamin Netanyahou a déclaré lundi que les récentes élections ont donné à sa coalition un mandat pour poursuivre les changements qui, selon lui, créeront un bon équilibre entre les autorités judiciaires et politiques. Le plan, en plusieurs points visant à accroître le pouvoir politique sur le pouvoir judiciaire, « ne détruit pas la démocratie », mais la « réhabilite », a-t-il affirmé.

Le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, s’en est aussi pris lundi aux politiciens de l’opposition qui ont accusé son camp d’inciter à la « guerre civile », et a aussi assuré que le plan de réforme judiciaire du gouvernement vise à « renforcer la démocratie israélienne » et à restaurer la confiance du public dans les tribunaux.

L’ancien ministre de la défense Benny Gantz  de son côté inciter les Israéliens à protester contre cette réforme. « Il est temps de sortir en masse et de manifester ; il est temps de faire trembler le pays », a-t-il déclaré. 

L’ancien ministre de la Justice Gideon Saar, a affirmé quant à lui que la réforme ajoutera « des arrière-pensées et des considérations politiques » à la désignation des arbitres de la justice israélienne.

Chaque juge saura à qui il est redevable et chaque plaideur se présentant devant lui saura également qui est son créancier », a-t-il ajouté. « C’est un moyen infaillible de transformer notre système judiciaire en un système corrompu. »

Le nouveau ministre de la Justice, Yariv Levin répond aux attentes de la frange conservatrice du pays, qui dénonce, depuis des décennies, les trop grandes prérogatives que s’est allouées la Cour suprême au fil des ans. 

Au premier rang d’entre elles, la possibilité qu'elle a de faire annuler des lois votées par le Parlement, un pouvoir jugé inacceptable pour beaucoup, et à l’origine d’une très forte animosité d’une partie la classe politique et du public contre les juges. 

On reproche aussi à l'institution d'abuser du critère de "caractère déraisonnable" pour juger les décisions du gouvernement, et d'appliquer par ce moyen un système de valeurs arbitraire qui ne reposerait que sur une réalité subjective.