04 novembre 2026
L’ULB souhaite mettre fin à l’occupation du bâtiment P1, sur le campus du Solbosch. Selon plusieurs médias belges, le Conseil académique demande aux occupants d’accepter leur départ d’ici ce mercredi soir, puis de libérer les lieux et de les remettre en état avant jeudi soir.
Après un Conseil académique de plus de deux heures, la rectrice de l’ULB fixe un ultimatum aux occupants du bâtiment P1. En échange de leur départ et de la remise en état des lieux d’ici jeudi 5/11, ils pourront disposer d’un local pour poursuivre leurs activités. L’université n’a pas souhaité confirmer ou infirmer ces informations.
Depuis le 22 octobre, le collectif « Occupation autonome » occupe ce bâtiment, qui accueille habituellement ULB Langues et plus d’une centaine de cours par semaine. Le bâtiment est couvert d'inscriptions hostiles à Israël et à la police. Le dialogue reste presque inexistant et les tentatives de médiation ont échoué.
Craignant une expulsion dès mercredi matin, le collectif a appelé sur Instagram à renforcer la présence sur place pendant la nuit.
Leurs revendications, floues au départ, ont été communiquées publiquement vendredi dernier. Elles s’inscrivent « dans la vague de luttes internationales, nationales et locales ». Ils ciblent l’augmentation du minerval, le maintien des partenariats universitaires avec Israël, la précarité ainsi que la répression policière.
Le 30 octobre dernier, un militant du MR, Miguel Urdiain est venu filmer et a diffusé des images des graffitis et inscriptions sur les murs des couloirs et des salles de classe. « Mort à Israël », « Mort au roi », « Un flic, une balle » pouvait-on lire sur les murs. Depuis, les photos et les vidéos sont interdites à l’intérieur du campus.
« Je ne m'attendais pas vraiment à voir ça », confie Miguel à i24news. Interrogés, les militants se dédouanent et assurent ne pas en être les auteurs, alors que l'auditoire, affirme-t-il, était « complètement vierge » avant leur arrivée. Sur place, il dit aussi avoir trouvé un fascicule expliquant à la gauche qu'elle ne devrait pas « nier et rejeter le Hamas ».
D'autres images circulent, montrant une salle de classe envahie par des militants pro-palestiniens. Publiées récemment sur X, elles datent, précise Miguel Urdiain, de l'occupation d'il y a deux ans, au cours de laquelle un étudiant juif avait été agressé. Si les manifestations pro-palestiniennes se sont calmées en Belgique, « ici, avec cette occupation, ça recommence », déplore-t-il, évoquant une ambiance « horrible » pour les étudiants juifs.
Sur le campus, professeurs et étudiants sollicités préfèrent garder le silence. Un mutisme qui n'étonne pas Miguel Urdiain : l'un des occupants, dont il a enregistré les propos, lui aurait assuré qu'une grande partie du corps enseignant soutenait le mouvement et que la direction tolérait l'occupation. « Elle pourrait faire beaucoup plus pour les empêcher », estime le militant MR.

