Le Hamas étudie sérieusement un accord potentiel sur les otages en trois phases


31 janvier 2024

Après un refus annoncé hier, le Hamas étudie sérieusement un accord potentiel en trois phases, la première incluant la libération des femmes, enfants, blessés et malades.

Un haut responsable du Hamas a confirmé à Reuters que le projet d'accord d'otages en discussion comprenait trois étapes. La première où les femmes, les enfants et les otages malades ou blessés seraient libérés. 

Selon ce même responsable, le nombre de Palestiniens qui seraient libérés dans le cadre de l'accord n'a pas encore été finalisé et est encore sujet à négociation.

Le chef du Hamas, Ismail Haniyeh, a déclaré qu'il se rendait au Caire pour en discuter, c’est son premier voyage public dans cette ville depuis plus d'un mois.

Une délégation de responsables du Hamas devrait rencontrer le chef des services de renseignements égyptiens, Abbas Kamel, au Caire, mercredi, afin de discuter d'un éventuel accord de trêve contre des otages, a déclaré un responsable égyptien à la chaîne d'information Al Araby du Qatar, mardi,

​​Les Etats-Unis ont exprimé leur optimisme quant à un éventuel accord sur les otages à Gaza.

"Nous progressons dans la mise en place d'une pause prolongée, afin de pouvoir libérer les otages", a déclaré hier soir le porte-parole du Conseil national de sécurité américain, John Kirby, au lendemain de la rencontre symbolique à Washington entre le Premier ministre qatari et le secrétaire d'État américain, Antony Blinken. 

Citant des sources qataries, la chaîne israélienne Kan 11 a rapporté hier qu’un accord de cessez-le-feu qui inclurait une libération d'otages devrait être conclu la semaine prochaine.

C'est la première fois depuis la fin de la trêve de novembre 2023, que des détails sont divulgués sur une nouvelle proposition envisagée par les deux parties. 

Pourtant, hier le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a pris la parole hier et réitéré sa promesse de ne pas retirer les troupes de Gaza avant une "victoire totale". 

"Nous n’allons pas terminer cette guerre maintenant sans avoir atteint nos objectifs :  à savoir l’anéantissement du hamas, le retour de tous nos otages, et le fait que Gaza ne soit plus un danger pour Israël. Nous n’allons pas quitter la bande de Gaza. Nous n’allons pas libérer des milliers de terroristes. Tout ça n’arrivera pas. Ce qui va arriver en revanche, c’est une victoire totale". Ce sont les mots du premier ministre.

Benjamin Netanyahou subit à la fois la pression de son plus proche allié, les États-Unis, qui lui demandent de tracer une voie claire vers la fin de la guerre. Et celle des familles des otages, qui craignent que les négociations ne soient indispensables pour les ramener chez eux. 

Mais les partis de droite nationaliste qui font partie de sa coalition au pouvoir affirment qu'ils quitteront le gouvernement plutôt que d'approuver un accord de libération des otages qui laisserait le Hamas intact.

Un membre du cabinet de guerre aurait déclaré que l'accord proposé était "difficile à avaler", mais qu'il s'agissait peut-être de la "dernière chance" pour certains otages.

Le chef du Hamas, Ismayil Haniyeh, qui étudie la proposition, a déclaré que la priorité du Hamas était de mettre fin à l'offensive israélienne, qui en est à son quatrième mois, et d'obtenir le retrait total des forces israéliennes de Gaza. 

Officiellement, ni le Hamas ni Israël n'ont renoncé à leurs lignes rouges. La possibilité d'un accord repose donc sur la capacité des négociateurs à trouver une légère flexibilité dans le temps que durerait la trêve, le nombre de prisonniers palestiniens libérés ou l'augmentation de l'aide humanitaire à Gaza.