18 mai 2023
Le président Kais Saied a affirmé mercredi que la Tunisie était un pays de "tolérance et de coexistence" lors d'une rencontre avec des dignitaires juif, musulman et chrétien après l’attentat de la Ghriba à Djerba.
"C'est une rencontre historique importante qui atteste de la tolérance et de la coexistence qui caractérisent la Tunisie depuis des siècles", a déclaré le chef d'Etat en recevant le mufti de la République Hichem ben Mahmoud, le grand rabbin de Tunisie Haïm Bittan, et l'archevêque de Tunis, Ilario Antoniazzi.
Cette rencontre survient une semaine après la fusillade aux abords de la synagogue de la Ghriba sur l'île de Djerba, pendant le pèlerinage de Lag baomer qui a tué trois gendarmes et deux fidèles juifs Aviel et Ben Haddad.
Lors de cette rencontre oecuménique, le président Saied a assuré que l'enquête pour déterminer les commanditaires de cette attaque avançait. Quatre personnes en lien avec l'assaillant, soupçonnées d'être impliquées dans cette opération, ont été arrêtées et placées en garde à vue, a indiqué mercredi soir la radio Mosaïque FM.
Les autorités tunisiennes ont dénoncé une attaque "criminelle", se gardant de la qualifier de "terroriste" ou de mentionner la dimension antisémite de cet attentat.
Ces remarques ont suscité la colère des Juifs d’origine tunisienne dans le monde entier, dont certains ont publié des déclarations incendiaires en ligne, qualifiant le président de « honte ».
Les critiques ont déclaré que l’attentat montrait que l’antisémitisme avait infiltré certains membres de l’armée et de la police et que la gestion de l’affaire par le gouvernement était défectueuse.
Le président tunisien Kais Saied a répondu aux allégations d’antisémitisme dans son pays en se plaignant qu’alors que les Tunisiens, notamment son grand-père, ont sauvé des Juifs pendant la Shoah, alors selon lui Israël tue des Palestiniens impunément.
Le rabbin Pinchas Goldschmidt, président de la Conférence des rabbins européens, a appelé dans une déclaration les gouvernements européens à « condamner les déclarations incendiaires du président tunisien Kais Saied ».
La Tunisie comptait autrefois plus de 100 000 Juifs, mais la plupart d’entre eux ont quitté le pays dans les dizaines d’années qui ont suivi la guerre, en raison de l’hostilité croissante du gouvernement et des émeutes de la population locale.
A Djerba ils ne sont plus que 1000 personnes environ.

