23 octobre 2024
Un drone qui a survolé l'espace aérien israélien pendant près d'une heure dans la nuit de mardi à mercredi met en évidence une défaillance opérationnelle persistante dans la défense d'Israël.
L'armée de l'air israélienne (IAF) a détecté et suivi le drone, donnant la priorité à la sécurité des civils jusqu'à ce que sa localisation puisse être confirmée. Un million d’Israéliens sont donc restés pendant environ une heure dans les abris jusqu’à ce que la course poursuite avec le drone soit terminée.
Selon l'armée, le drone a d'abord été repéré près de Rosh Hanikra, et il a été suivi alors qu'il volait vers la région de Yokne'am, malgré les tentatives d'interception.
À partir de là, l'armée de l'air israélienne a perdu le contact avec le drone, mais le commandement du front intérieur a continué à activer les sirènes dans plusieurs villes en fonction de l'itinéraire prévu du drone vers le sud, notamment à Haïfa et dans la région de Krayot, et jusqu'à Zichron Yaakov et Harish.
Le Hezbollah a ensuite affirmé avoir lancé des drones d'attaque sur une base militaire israélienne au sud de Haïfa.
Tous les systèmes pertinents ont été activés pour détecter, suivre, intercepter et appliquer les leçons tirées d'une récente attaque de drone sur la base d'entraînement de la brigade Golani.
Pourtant le suivi et l'interception de ces drones constituent toujours un défi de taille pour Israël.
Les drones, lancés par le Hezbollah à partir de terrains accidentés et difficiles à surveiller, pénètrent rapidement dans l'espace aérien israélien.
Leur faible signature radar et leurs vols à basse altitude au-dessus des zones densément peuplées compliquent encore l'interception, car l'IAF doit éviter de mettre en danger les civils ou d'endommager les infrastructures.
L'armée de l’air israélienne a déployé depuis de nouveaux radars et des capteurs supplémentaires au fil du temps pour améliorer ses capacités de détection et de suivi des drones, mais les Forces de défense israéliennes continuent d'insister sur le fait qu'il n'existe pas de « défense hermétique ».
Les images des dégâts sur le domicile de Binyamin Netanyahou ont été dévoilées mardi. Samedi dernier, un drone lancé par le Hezbollah est tombé sur le domicile privé du Premier ministre à Césarée. Trois drones étaient destinés à tomber sur la maison du Premier ministre israélien.
Le couple Netanyahou n’était pas chez lui au moment de l’attaque.
Le drone a touché la chambre à coucher du couple. Grâce au blindage du bâtiment, les dégâts n’ont pas été plus importants.
On a déjà vu les drones à l'œuvre dans la guerre civile syrienne et, plus récemment, dans la guerre en Ukraine, deux conflits alimentés par les mêmes drones iraniens fournis au Hezbollah.
Les responsables de la sécurité reconnaissent que « les FDI et le ministère de la défense déploient des efforts considérables pour combler ces lacunes et rattraper des années de retard ».
Toutefois, les experts en matière de défense préviennent que les progrès réels ne seront visibles que dans les conflits futurs, et non dans le conflit actuel. Ces experts estiment que les petites industries de défense, ainsi que les grandes entreprises, doivent être impliquées et qu'une partie des responsabilités devrait être transférée aux forces terrestres.
Des officiers de la réserve navale ont suggéré d'étendre les responsabilités de la flotte de navires lance-missiles à l'interception de drones. Les capacités de ces navires pourraient s'avérer essentielles pour faire face aux menaces des drones en provenance du Liban et du Yémen.

