Luis Har, Itay Regev et Judith Raanan : libérés des mains du hamas, ils témoignent de leurs captivités


14 mars 2024

Luis Har, 70 ans, détenteur de la double nationalité israélo-Argentine, a été enlevé au kibboutz Nir Yitzhak le 7 octobre. Il a passé 128 jours otage du Hamas avec son beau-frère avant d'être libéré par Tsahal au cours d’une opération fantastique. Cette semaine, un mois après sa libération, il s'est confié à la chaîne israélienne 12. 

Luis Har a été kidnappé avec Clara Merman, sa compagne, son beau frère, Fernando, Gabriela Leimberg, 59 ans, la femme de ce dernier, et leur fille de 17 ans, Mia, avec sa chienne, Bella. Du kibboutz on les a conduit à Gaza. Ils ont marché 5 heures dans les tunnels du Hamas avant de débouler au sud, à Rafah. 

Pendant plus de 50 jours, toute la famille était ensemble dans une petite pièce sombre. Une pita par jour au maximum. Pas le droit de faire du bruit. Des armes menaçantes de toutes parts. La peur. Et le temps qui passe très lentement… Au moment où Clara, Gabriela et Mia ont été libérées, en novembre 2023, Luis et Fernando pensaient eux aussi être libérés vite. Puis ils ont compris que ce ne serait pas le cas... Resté à deux, ils se sont mutuellement soutenus pour ne pas craquer. Quand Tsahal est venu les sauver, ils n’en revenaient pas… 

 "Il a fallu que je me pince pour y croire". "Je n'ai pas encore retrouvé ma vie d'avant, parfois je ne sais pas encore où je suis, cela va prendre du temps", a-t-il affirmé Luis Har. 

Comme d'autres otages l'ont déjà raconté, Luis et Fernando étaient détenus dans un immeuble d’habitation de Gaza, dans un appartement. 

Et un autre otage libéré a lui aussi témoigné, dans une interview à la BBC. Il s’agit d’Itay Regev, kidnappé avec sa sœur Mia au festival Nova. Il a déclaré  qu’il a été détenu dans des conditions "horribles" par des ravisseurs "cruels" et qu’il ne pensait pas qu’il en sortirait un jour vivant…

En visite à Londres pour défendre les otages, y compris son ami proche Omer Shem Tov,  Itay Regev a affirmé vouloir "faire entendre leurs cris de Gaza", et a appelé la communauté internationale à "faire plus" pour libérer les 130 otages toujours retenus. 

"J'ai passé des semaines sans voir la lumière du jour, ignorant comment allait ma famille, cinq mois dans des conditions horribles, j'avais très faim. Il faut sortir les otages de là le plus rapidement possible. Ils vivent chaque seconde sans savoir quel sera leur sort", a-t-il affirmé. 

"Je n’ai pas pris de douche pendant 54 jours. Mes ravisseurs étaient extrêmement cruels. Ils s’en fichaient. J’avais des blessures aux jambes, j'ai vécu avec un horrible sentiment de peur. Chaque seconde que vous vivez avec ce sentiment est affreux, et vous ne savez même pas si vous allez vous réveiller le matin suivant ou si un missile va vous tomber dessus, s’ils vont venir avec une kalachnikov et commencer à vous pulvériser avec des balles. Les conditions étaient très, très difficiles", a-t-il confié. 

Le jeune homme a également raconté avoir été blessé par balle lors de son enlèvement, puis emmené à l’hôpital où un médecin, aux côtés de plusieurs terroristes du Hamas, a retiré une balle de sa jambe sans anesthésie ni analgésique. "Ils ont mis la pince dans ma jambe et ils ont retiré la balle sans anesthésie. Ils m’ont dit de me taire parce que si je ne me taisais pas, ils me tueraient. Et pendant l'opération, ils m'ont giflé et craché dessus", a-t-il raconté. 

Judith Raanan, ancienne otage à Gaza, a elle aussi donné sa première interview télévisée depuis sa libération.

Judith Raanan, israélo américaine de 59 ans, kidnappé à Nahal Oz avec sa fille de 17 ans, Nathalie, a déclaré à NewsNation, dans une séquence diffusée mercredi, qu’en les voyant arriver à l’hôpital où on les cachait, les infirmières "étaient toutes heureuses qu'ils soient revenues avec une proie, une proie israélienne, juive". "À la minute où nous sommes entrés, toutes les infirmières se tenaient debout et applaudissaient", dit-elle.

Les deux femmes ont été libérées le 20 octobre dernier, faisant partie des premiers et des seuls otages à être libérés unilatéralement par les terroristes de Gaza. 

Portant un badge "Libérez les otages", un collier avec une étoile de David et un pin's jaune, elle affirme qu'un accord doit être trouvé pour libérer les otages restants à Gaza.

"Nous avons des otages qui subissent des épreuves mentales, physiques et émotionnelles et qui doivent être libérés", dit-elle.