Négociations sur les otages, toutes les parties, dont Israël, sont d'accord pour retourner à la table des négociations au Caire.


08 mai 2024

Toutes les parties, dont Israël, sont d'accord pour retourner à la table des négociations rapporte un média égyptien. 

"L'ensemble des parties sont d'accord pour retourner à la table des négociations" pour une trêve entre Israël et le mouvement terroriste palestinien Hamas, a indiqué mardi le média égyptien Al-Qahera News, proche des services de renseignements, citant un "haut responsable".  

Plus tôt mardi, la même source avait indiqué que les médiateurs égyptien, qatari et américain tenaient des discussions au Caire avec le Hamas.

William Burns, le directeur de la CIA, est attendu aujourd’hui en Israël. On sait qu’il a tenu des discussions importantes à Doha et va tout faire pour faire advenir un accord.   

Un responsable du Hamas, Osama Hamdan, prévient que si l'opération militaire israélienne se poursuit à Rafah, il n'y aura pas d'accord.

Les propos de Hamdan ont été tenus lors d'une conférence de presse à Beyrouth, alors qu'une délégation du Hamas est arrivée au Caire en provenance de Doha pour poursuivre les négociations sur le cessez-le-feu, 

"La balle est dans le camp de Netanyahou", ajoute-t-il, affirmant que la dernière proposition de cessez-le-feu présentée par le Hamas "représente le minimum qui répond aux exigences de notre peuple et de notre résistance".

Mais justement il existe d’énormes différences entre les termes de la proposition de trêve et de l'accord sur les otages soutenue par Israël, et transmise au Hamas et la proposition en arabe que le Hamas a publiée lundi soir.

- La proposition du Hamas prévoit la libération de 33 otages israéliens, vivants ou morts alors que le texte israélien exigeait la libération de 33 otages vivants. 

- Les otages seraient également libérés à un rythme plus lent que dans la proposition soutenue par Israël : trois otages seraient libérés le troisième jour, puis trois autres tous les sept jours.

- La proposition du Hamas supprime aussi le veto qu'Israël exigeait sur la libération de certains prisonniers palestiniens et donne au Hamas le droit de choisir qui sera libéré.

- La version du Hamas augmente le nombre de prisonniers de sécurité palestiniens à libérer en échange de chaque otage.

- La proposition du Hamas prévoit la libre circulation de tous les habitants de Gaza vers le nord de la bande palestiniennes, sans les contrôles de sécurité exigés par Israël pour empêcher les terroristes armés du Hamas de revenir.

La proposition du Hamas exige qu'Israël annonce la fin de la guerre dans la première phase de l'accord. 

Un autre changement entre les deux propositions est que le Hamas exige la libération de tous les prisonniers sécuritaires palestiniens, libérés dans le cadre de l'accord de 2011 sur Gilad Shalit puis arrêtés à nouveau.

Enfin, la chaîne israélienne 12 rapporte que le chef du Hamas à Gaza, Yahya Sinwar, veut parvenir à un cessez-le-feu permanent avant que tous les otages vivants ne soient libérés, parce qu'il craint d'être vulnérable en cas de frappe israélienne s'il ne peut pas utiliser les otages comme boucliers.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahou a déclaré mardi que la dernière proposition du Hamas pour un accord de cessez-le-feu était "destinée à saboter l'entrée de nos forces à Rafah".

"Nous l'avons déjà prouvé lors de la précédente libération d'otages : la pression militaire sur le Hamas est une condition préalable au retour des otages." 

Il a souligné que l'offre du Hamas est "très loin des exigences vitales d'Israël". 

"Israël ne peut pas accepter une proposition qui met en danger la sécurité de nos citoyens et l'avenir de notre pays", insiste M. Netanyahu. 

Il affirme avoir donné pour instruction à l'équipe de négociation israélienne actuellement au Caire de "rester ferme" sur les conditions posées par Israël pour la libération des otages et sur ses exigences en matière de sécurité. 

"Israël poursuit parallèlement sa campagne militaire contre le Hamas", explique M. Netanyahou. Il a qualifié la prise du point de passage de Rafah d'"étape très importante" vers la destruction des capacités militaires restantes du Hamas. 

Des centaines de manifestants à Jérusalem ont encore exhorté le gouvernement à conclure un accord sur les otages, certains essayant de bloquer la route sur la place de Paris. Ce matin à Tel-Aviv : manifestations pour la libération des otages, la route Ayalon nord bloquée par les protestataires.