Revivez la bataille de Sderot, l’une des plus sanglantes de cette guerre.


27 février 2024

Le 7 octobre dernier Sderot a été le lieu de l’une des batailles les plus sanglantes du pays qui a vu des dizaines de morts civils ainsi que de nombreux policiers, car les terroristes du Hamas ont réussi à prendre le contrôle du commissariat de la seule ville du sud. Lise, vous nous racontez cette histoire tragique. 

La ville israélienne de Sdérot a été fondée en 1951, elle commence avec des caravanes peuplée de nouveaux émigrants, avant de devenir la seule ville du sud d’Israël en 1996. Avant cette guerre, elle comptait environ 20 000 habitants.   

Sa proximité avec la bande de gaza (à moins de 2,5 km) en fait une cible facile pour les bombardements au mortier et à la roquette du Hamas et du Jihad Islamique depuis le début de la seconde Intifada. Fin 2007, plus de 6 300 roquettes se sont déjà abattues sur la ville en 23 ans.

Le 7 octobre 2023, des hommes armés du Hamas, en provenance de la bande de Gaza, entrent dans Sdérot et tirent à bout portant sur les civils présents dans la rue, qu’ils soient en voiture, en moto, en vélo ou à pied. Ils en tuent 7 à un arrêt de bus, 2 en motos et continuent d’avancer vers le centre ville.

Arrive alors en ville un minibus touristique parti de l'ouest du Néguev et allant en direction de la mer Morte, avec un groupe de retraités à son bord, dont certains sont des survivants de l'Holocauste. Le minibus a pris en charge des retraités à Ofakim, Netivot, puis Sdérot. En raison d'une crevaison, le minibus s'arrête à l'entrée de Sdérot pour faire cette réparation. C'est alors qu'une sirène retentit et que les occupants du minibus sortent de celui-ci pour se rendre à l'abri, mais la porte de l'abri, qui était un abri à ouverture automatique, ne s'ouvre pas. Deux camionnettes chargées de terroristes du Hamas reconnaissent le groupe de juifs et abattent tout le monde à bout portant. La conductrice parvient à s'échapper avec une autre femme et se réfugient derrière une glissière de sécurité. Les terroristes les abattent. Les quinze passagers du bus sont assassinés.

Les habitants qui voient la scène depuis chez eux appellent le centre de police de la région à l’aide et de nombreux policiers arrivent sur les lieux. 

Ils tentent de protéger les civils, mais ils sont moins nombreux et moins armés que les terroristes. Ils n’ont que des pistolets, des armes de poing alors que les membres du Hamas ont des Kalachnikov, des M16 et même des RPG. 

Quelques heures à peine après le début de cette journée noire, plus de 50 personnes ont déjà été assassinées par les membres du Hamas dans la rue, alors que des dizaines de roquettes pleuvent sur la ville.

Dans une autre rue, les terroristes visent une famille qui roule en voiture, les Suissa. Dolev le père est tué sur le coup. Odaya la mère, dont le mari et à l’arrière, leurs deux petites filles de 3 ans, Lia et celle de 6 ans, Romi, appellent au secours. 

Un Arabe israélien, Amer Abu Sabila, qui travaillait dans la construction et rendait visite à deux de ses frères qui travaillaient comme gardiens à Sderot entend leurs cris. 

Voyant la situation critique d'Odaya, il prend la place de Dolev au volant et propose de l'évacuer de la zone dangereuse. Il pensait que l'endroit le plus sûr pour l'emmener serait le poste de police de Sderot. Il était loin de se douter qu'il s'agissait de l'objectif des terroristes du Hamas. Arrivé au poste de police, Amar essuye les tirs des terroristes, et meurt. Les terroristes ont également abattu Odaya de sang-froid, mais les deux filles allongées sur le sol arrière sous un drap sont passées inaperçues. Pétrifiées, elles sont restées là jusqu'à l'arrivée de la police. L'aînée, protégeant sa sœur, a dit : "J'ai un bébé ici. "Vous êtes policier ? Vous venez d'Israël ?", ne faisant pas confiance à la police tant qu'elle n'était pas sûre qu'elle était là pour l'aider. Sous les tirs, la police a réussi à escorter les deux filles hors de danger.  La bravoure d'Abu Sabila conjuguée à celle de ce policier a tout de même fini par sauver les deux fillettes. Elles vivent aujourd'hui avec leur grand-mère et leurs tantes, mais se souviennent encore très bien de l'horreur qu'elles ont vécue.

Pendant ce temps, le combat pour la maîtrise du commissariat de Sderot continue. 

Un officier du Yamam arrivé sur les lieux comprend tout de suite qu’un sniper palestinien est monté sur le toit et ne laisse aucune chance aux voitures et aux policiers qui arrivent dans la ville pour secourir les israéliens. N’écoutant que son courage, il tue un premier terroriste, lui prend son fusil M16 et monte dans un appartement en face du commissariat pour abattre le sniper. Mais cela ne sera pas suffisant. Les terroristes se sont barricadés à l'intérieur du poste de police, ils occupent le commissariat et en ont le contrôle après avoir tué environ 35 personnes (dont des policiers et des civils).

Après de violents échanges de tirs avec les forces israéliennes pendant plusieurs heures,  et l'arrivée de renforts des forces de défense israéliennes, le poste de police est encerclé puis repris, occasionnant la mort d'au moins dix terroristes du Hamas. Finalement, au cours de cette bataille féroce, le commandant du district prend la décision de raser la station de police avec les terroristes du Hamas à l'intérieur. Une décision qui n'a été prise qu'après s'être assuré que les policiers qui se trouvaient à l'intérieur du bâtiment n'étaient plus en vie et que les policiers qui se trouvaient sur le toit avaient été secourus par les soldats de Tsahal.

Le bâtiment a été démoli à l'aide de tirs de chars et d'une chargeuse militaire sur roues, et les assaillants ont finalement été tués. Le corps d’un terroriste qui se cachait a même effectivement été déterré le lendemain.

Ce n’est que le 8 octobre en fin de journée, que la municipalité de Sdérot publie les noms des membres des Forces de défense israéliennes, de la police israélienne et des pompiers tués lors de cette horrible attaque. Les combats ont duré plus de 36 heures. Après le déblaiement des décombres, il ne reste plus aucune trace de la station d'origine.

Aujourd’hui deux fresques rendent hommage à tous ceux qui ont combattu ce jour-là, une sur le mur à côté de l’endroit où se trouvait le commissariat et une autre dans l’immeuble d’en face. Dans la première, on voit le drapeau d’Israël, le drapeau de la police et l’ancien bâtiment du commissariat d’où s’échappe un sefer thora et des lettres en hébreu en hommage à ceux qui sont morts là-bas.

Dans la seconde fresque on voit un lion qui rugit, une lionne, une maman avec son bébé qui observe un ciel bleu avec une étoile de David, tout cela au dessus d’un immeuble de la ville. 

De nombreux policiers et plusieurs civils viennent aujourd’hui allumer une bougie dans cet endroit. 

La ville de Sderot est toujours une ville fantôme, évacuée de ses habitants, même si certains ont déjà choisi d’y revenir et que la défense passive assure qu’il n’y a plus de danger. 

La bataille du commissariat de Sderot est devenue un symbole de l'héroïsme des officiers de la police israélienne qui ont empêché les terroristes du Hamas de commettre un encore plus grand massacre dans cette ville. Depuis, il a été décidé de construire la nouvelle station. Selon le plan du commandant du district, le surintendant Amir Cohen, une maison patrimoniale sera construite près de la station en l'honneur de la bataille. Que leur mémoire à tous soit bénie. Am Israël Hai. 

Retrouvez le podcast en suivant ce lien: https://radiojudaica.be/podcasts/les-chroniques-de-la-matinale-152/vue-d-israel-le-7-octobre-dernier-sderot-a-ete-le-lieu-de-l-une-des-batailles-les-plus-sanglantes-de-cette-guerre-avec-lise-benkemoun-27-02-2024-1391