Syrie: Hayat Tahrir al Sham cherche à rassurer les diplomaties européennes qui convergent à Damas pour rétablir le dialogue


18 décembre 2024

Plusieurs missions étrangères étaient à Damas hier, afin de rencontrer les nouvelles autorités syriennes du Hayat Tahrir al Sham

La France, l’Allemagne, le Royaume-Uni et l’ONU ont envoyé des émissaires hier à Damas afin de nouer des contacts avec les autorités de transition.
Objectif partagé par tous : éviter la résurgence de l’Etat Islamique en Syrie. L’équipe de diplomates français a par exemple demandé explicitement aux nouvelles autorités de transition de « poursuivre la lutte contre Daech et les autres groupes terroristes ». 

L’envoyé spécial de l’ONU a averti de son côté : « le conflit n’est pas encore terminé » en Syrie.

Le Conseil de sécurité de l'ONU a d’ailleurs publié une déclaration affirmant que le processus politique en Syrie devrait inclure tous les groupes ethniques et religieux et être dirigé par eux, et non par des parties extérieures. Fait notable, les Etats Unis, et même la Russie, principal soutien du dictateur déchu Bachar Al-Assad se sont joints à cette déclaration.

Il est nécessaire que la Syrie et ses voisins “évitent toutes actions qui pourraient nuire à la sécurité des uns et des autres", ajoute le communiqué. "Le processus politique doit correspondre aux aspirations légitimes de tous les Syriens, les protéger tous et leur permettre de déterminer leur avenir de manière indépendante, démocratique et pacifique", indique encore le communiqué.

L’organisation internationale estime par ailleurs que sept Syriens sur dix ont besoin de l’aide internationale, et prévoit le retour, d’ici à juin 2025, d’un million de réfugiés. A elle seule, elle pense pouvoir fournir une aide « ambitieuse » à la Syrie, a déclaré mardi le chef du Bureau de coordination des affaires humanitaires des Nations unies.
 
Les nouvelles autorités syriennes ont donné leur accord pour un « plein accès humanitaire » et cherchent à rassurer sur leurs capacités à pacifier ce pays, ravagé par 13 ans de guerre civile. 

Son chef militaire Mohammed Al Joulani a annoncé mardi que « la prochaine étape » serait la dissolution des groupes armés, à commencer par le sien, pour les fondre au sein de la future institution militaire.
Il a ensuite appelé l’Occident à retirer son groupe de la liste des « organisations terroristes », comme c’est toujours le cas pour l’ONU, les Etats-Unis et certains pays européens. Morhaf Abu Kasra, le commandant militaire de HTS a affirmé que le nouveau pouvoir voulait étendre son autorité sur les zones kurdes du nord-est de la Syrie et qu’il « refusait le fédéralisme ». Il a également évoqué l'activité de Tsahal et appelé Israël à mettre fin "aux attaques et à l'invasion".