Tuval Ben-Yohana, 15 ans, a crée “Lettres d’espoir”, un site internet pour écrire des messages aux otages vivants


21 novembre 2024

Tuval Ben-Yohana, jeune israélien de 15 ans, a eu l’idée de créer un site web où chacun peut écrire des lettres aux otages qui leur seront distribuées à leur retour en Israël.

Le jeune homme s'était énervé lorsque des personnes ont exprimé des doutes sur le fait que les otages à Gaza soient encore en vie. « Je pense qu'ils sont en vie », explique Tuval, qui utilise le pronom “ils”, au pluriel.

Cette frustration lui a donné une idée : créer un site web où chacun peut écrire des lettres aux otages, qui leur seront distribuées à leur retour en Israël. L'objectif est d'écrire aux otages des lettres "qui apporteront de l'espoir", et qu'ils pourront lire à leur retour. 

Animateur aux Tsofim, les scouts israéliens et volontaire pour le Magen David Adom, Tuval a l'habitude de s’engager pour sa communauté. C'est cet esprit d'activisme social qui l’a incité à lancer le site web Lettres d'espoir. Depuis le lancement du site, plus de 600 personnes ont déjà écrit des lettres aux otages.

Tuval considère que les Lettres pour l'espoir profitent aussi bien au public israélien qu'aux otages. « Lorsque vous écrivez une lettre, vous vous sentez connecté, et en tant que personne n'ayant pas de lien personnel avec un otage, cela devient significatif », explique-t-il.

Le projet a trois objectifs principaux. Le premier : « Faire en sorte que cette question reste présente dans le discours ». « Le deuxième est de créer un lien personnel avec l'otage à qui vous écrivez. Le troisième objectif est de faire comprendre aux otages que le public israélien se soucie d'eux et souhaite les ramener chez eux.

Tuval a travaillé sur le codage du site web pendant les dix derniers mois. Il a choisi de concevoir le site web de manière à ce que lui-même n'ait pas accès aux lettres, qui sont destinées uniquement aux otages. Des amis et des membres de la famille participant au projet se sont inquiétés du fait que certaines personnes pourraient télécharger des lettres inappropriées ; Tuval a donc accepté que des bénévoles relisent les lettres avant qu'elles ne soient envoyées.

« En raison du concept du site, on ne peut écrire qu'aux otages qui sont en vie. Il y a eu des périodes où, chaque semaine, je devais supprimer des lettres à certains otages parce qu'ils n'étaient plus en vie », explique-t-il. Le jeune homme devait vérifier ses informations, et supprimer le profil de l'otage sur son site, "une double peine", comme il l'explique, ému : « et c'était fini, vous ne pouviez plus lui écrire de lettres, c’est difficile”.

Le projet de Tuval transforme la crise en quelque chose d'intime et de personnel pour contrer le sentiment croissant d'indifférence et de normalisation de la situation des otages

« La grande majorité des jeunes sont passés à autre chose », affirme M. Tuval. « Un de mes amis, qui n'est pas impliqué, est allé sur le site web et a écrit une lettre. Il a choisi un otage qui portait le même nom que lui. Cela a attiré son attention et il a commencé à écrire. Après coup, il m'a montré ce qu'il avait écrit et m'a expliqué que nous étions tous concernés, car chacun d'entre nous aurait pu se trouver dans cette situation. Il m'en parle encore ».

Tuval a choisi d'écrire à Omer Shem-Tov, un jeune homme de 22 ans qui avait été pris en otage lors du festival de musique Nova. « Je lui ai écrit un samedi après être revenu du rassemblement sur la place des otages où sa famille parlait de lui. Je me suis assis en face de l'ordinateur et j'ai raconté à Omer ce que j'avais entendu à son sujet et je me suis joint à la prière de sa famille pour qu'il revienne le plus vite possible. »

« Lorsqu'ils reviendront, ils recevront les lettres et verront que des étrangers ont pensé à eux », a déclaré Tuval. « Le premier jour, ils seront occupés par d'autres choses, mais après quelques semaines, ils ouvriront le sac de lettres et cela leur réchauffera le cœur”.