Unia et le Crif déplorent une explosion des actes antisémites en Belgique et en France


25 janvier 2024

Dans un nouveau rapport, l’unia observe une hausse des actes antisémites en Belgique depuis la reprise des hostilités au Proche-Orient

En deux mois, après l’attaque du Hamas du 7 octobre, le service de lutte contre les discriminations Unia a enregistré 91 signalements, dont 66 font explicitement référence à l’ascendance juive. A titre de comparaison, il n’en avait enregistré que 4 ou 5 par mois l’année précédente.

Ces signalements évoquent essentiellement des messages de haine, pour la moitié en ligne, mais aussi des propos tenus dans l’espace public, dans la rue, dans le cadre familial.

“Le conflit ne change pas la nature des actes, mais il accroît leur intensité”, note Patrick Charlier, directeur d’Unia.

On constatera qu’un peu plus de la moitié des dossiers ouverts concerne la Région flamande, sans doute en raison de la présence d’une importante communauté juive à Anvers.

A noter également “dans ses rapports annuels de 2019 et 2020, Unia signalait la résurgence, la normalisation et la banalisation de l’utilisation de l’idéologie et de l’iconographie nazie”.

De plus, Patrick Charlier indique qu’il est actuellement très compliqué de rapporter l’antisémitisme de manière adéquate en Belgique lors de l’enregistrement ou le rapportage de faits tant auprès de la police que du ministère public. Il faudrait pouvoir nommer les actes antisémites en tant que tel, déplore-t-il.

Dans ce contexte, l’unia s’est réjouit du lancement d’un mécanisme interfédéral de coordination de la lutte contre l’antisémitisme qui met autour de la table les entités du pays, les communautés et organisations juives, la société civile. 

La Secrétaire d'État à l'Egalité des genres et des chances Marie Colline Leroy était revenue sur ce mécanisme qu’elle présentait la semaine dernière à notre antenne. C’était au micro de Blaise Vanderlinden, l’interview est toujours en ligne, sur radiojudaica.be.

Une hausse qui s’observe également en France, où le Conseil représentatif des institutions juives de France, le CRIF, déplore cette “explosion” des actes antisémites sur le territoire français, multipliés par quatre en un an

 Selon ce rapport, le nombre d’actes antisémites recensés en France a bondi à 1 676  en 2023, contre 436 l’année précédente.

 Dans près de six cas sur dix (57,8 %), les actes recensés l’an dernier ont été des atteintes aux personnes (violences physiques, propos et gestes menaçants…). 

Mais ces chiffres ne reflètent « qu’une partie » des actes antisémites, ceux qui ont fait l’objet d’une plainte ou d’un signalement à la police, rappelle le CRIF.

Dans plus de 40 % des cas, il s’agissait de « propos et gestes menaçants ». Et s’ils ont été surtout commis dans la sphère privée (32 %) et sur la voie publique (20,4 %), 7,5 % ont été recensés sur Internet.

Plus inquiétant : près de 13 % des actes ont eu lieu en milieu scolaire, dont une majorité au collège. « On assiste à un rajeunissement des auteurs d’actes antisémites. L’école n’est plus un sanctuaire de la République », déplore Yonathan Arfi, président du Crif.

Pour lui, « Le 7 octobre a servi de catalyseur à la haine, en activant un antisémitisme latent, et en désinhibant le passage à l’acte ».

Yonathan Arfi, président du Crif, réclame des sanctions "exemplaires" pour les auteurs de ces actes.